Petit lexique de l'épargne

Nous l’avons tous un jour trouvé la finance un peu jargonneuse. Ces quelques définitions devraient vous aider à y voir plus clair.

Action

Une action est un titre de propriété qui correspond à une participation proportionnelle dans une entreprise. Celui qui détient une ou plusieurs actions d’une société en devient l’actionnaire. Celui-ci a droit à une proportion de l’actif et des bénéfices de la société qui lui revient. Les actions sont le plus souvent « au porteur », ce qu’indique que les actions peuvent s’échanger plus ou moins librement via des intermédiaires et que la société émettrice des actions ne connaît pas ses actionnaires. Elles peuvent aussi être « nominatives », auquel cas le nom de chaque actionnaire est inscrit sur un registre spécifique. Dans la grande majorité des cas, les actions sont « ordinaires », qui donnent des droits précis à chaque actionnaire, comme le droit de voter les résolutions aux assemblées générales des actionnaires, ou le droit de recevoir des dividendes. Plus rarement, une société peut émettre des actions de préférence, qui typiquement réduisent ou éliminent le droit de vote de leur détenteurs, en contrepartie d’un avantage financier. Il y a deux façons principales d’acquérir des actions pour devenir (partiellement) propriétaire d’une société : Soit directement auprès de l’entreprise, qui peut en émettre de temps en temps afin de renforcer ses capitaux . C’est-à-dire qu’elle va vendre des actions en contrepartie des fonds dont elle a besoin pour réaliser de nouveaux investissements. Nous parlons dans ce cas d’en échange qui a lieu sur le marché primaire. Soit en les rachetant à des actionnaires existants. Ce sont ces transactions qui ont lieu typiquement à la bourse, où acheteurs et vendeurs potentiels d’actions (ou d’autres types de titres financiers) se rencontrent. Il s’agit du marché secondaire.

Assurance vie

Contrairement à ce que l'on pourrait instinctivement penser, l'assurance-vie en France est avant tout un produit de placement financier qui permet à l'épargnant (appelé "souscripteur" dans le language assurentiel) de mettre de l'argent de côté, typiquement (mais pas toujours) sur une durée relativement longue, c'est-à-dire de plusieurs années, voir même dans l'objectif de transmettre cette épargne à un ou plusieurs bénéficiaire(s) lorsque le souscripteur décède. Il existe globalement deux types de contrats assurance vie. L'"assurance vie en euros" est un produit d'épargne à capital garanti, c'est-à-dire que l'argent initialement investit par le souscripteur sur ce type de contrat n'est jamais à risque, l'assureur vie garantissant de rembourser au moins ce montant au souscripteurs'il le demande. Par construction, cette épargne est placée de façon très prudente par la société d'assurance vie et génère donc des rendements modestes, par rapport à ceux que le souscripteur peut espérer sur ses contrats assurance vie en Unités de Compte (ou "UC"°). En effet, les contrats assurance vie en UC permettent au souscripteur de choisir ses placements, et, selon son appétance pour le risque, d'investir dans une très large gamme d'actifs, comprennant notamment des actions, des obligations, des fonds immobiliers, actions, obligataires ou encore de commodités. Contrairement aux contrats en euros, les contrats en UC ne protègent pas le capital du souscripteurs et lui donnent un rendement égal à la performance des actifs sous-jacents, dont il faut soustraire les commissions.

Capitalisation

La capitalisation boursière d'une entreprise donne une indication de sa taille et de sa valeur. Elle se calcule pour les entreprises dites "cotées". Sa formule est la suivante : Capitalisation = cours de l'action de la société x le nombre d'actions de la société en circulation Cette donnée financière permet de classer les entreprises selon leur taille, selon l'échelle suivante (exprimé en Dollars) : — Les "micro cap" sont les sociétés dont les capitalisations boursières sont inférieures à 300 millions ; — Les "small cap" sont les sociétés valorisées entre 300 et 2 milliards ; — Les "mid cap" ont des valorisations entre 2 et 10 milliards ; — Les "large cap" sont les grandes sociétés dont la capitalisations dépasse 10 milliards ; Enfin, il y a les "mega cap", dont les capitalisation boursières surpassent 100 milliards. Les entreprises géantes dont les GAFAM, comme Facebook, Amazon en font partie. Apple est même devenu la première entreprise au monde dont la capitalisation a passé la barre de 1000 milliards dans le courant de l'année 2020. En soi, la capitalisation boursière n'est pas un élément très utile pour juger de la pertinence d'un investissement, la taille d'une société ne constituant pas un indicateur pertinent pour sa santé financière ou la performance de son action. Mais la capitalisation boursière est un élément qui sert au calcul de plusieurs ratios financiers qui permettent de comparer des sociétés cotées entre elles. Comme par exemple le PER (Price Earnings Ratio), que l'on obtient en divisant la capitalisation boursière par le résultat net d'une entreprise.

Chiffre d'affaire

Le chiffre d'affaires d'une entreprise est égal à la somme des biens ou des services qu'elle a vendu, pendant une période donnée, habituellement une année pleine. Ce "total des ventes" est exprimé en montant ou en volume, est constitue ainsi le premier indicateur de la santé financière d'une société. Il est rapporté dans le compte de résultat. Le chiffre d'affaires intervient dans le calcul de nombreux ratios, comme la marge brute, la rentabilité ou encore la productivité. Il ne faut pas le confondre avec les bénéfices (ou les profits) de l'entreprise, qui se calculent en déduisant les charges des produits de la société. Dit autrement, une société peut avoir une activité importante et donc un chiffre d'affaires élevé, tout en affichant des pertes (un bénéfice négatif) à cause de charges très/trop importantes. L'évolution du chiffre d'affaires d'une entreprise est un bon indicateur de la performance de celle-ci. Une société dont le chiffre d'affaires est en hausse est — a priori — en croissance. Les entrepreneurs (et analystes financiers) calculent également le chiffre d'affaires prévisionnel en multipliant le volume de ventes prévues par le prix du produit / service. Pour augmenter leur chiffres d'affaires, les entreprises disposent de trois leviers indépendants : — Augmenter les prix (au risque de réduire le volume des ventes si les clients s'orientent vers des produits concurrents à des prix inférieurs) — Vendre plus — Diversifier l'offre de produits ou de services et élargir la gamme (donc vendre plus)

Marché financier

Un marché financier est l'endroit physique ou virtuel où l'on peut acheter et vendre des produits financiers. En France, ils sont régulés par l'Autorité des Marchés Financiers (AMF), qui distingue 5 compartiments : - les marchés actions : où l'on peut acheter des parts de capital de sociétés privées, soit directement émises par les entreprises (on parle alors de marché primaire), soit auprès d'autres détenteurs des titres qui sont déjà actionnaires de la société et qui souhaitent vendre leurs parts (on se réfère alors au marché secondaire). - les marchés obligataires : où l'on peut acheter des créances de sociétés privées ou d'Etats, donc prêter de l'argent à ces institutions moyennant un remboursement du capital à une date future prédéterminée et d'intérêts. - les marchés monétaires : où les banques et autres investisseurs institutionnels se prêtent de l'argent à court terme (c'est-à-dire pour des durées allant d'une journée à quelques mois). - les marchés de devise (aussi appelés FOREX - qui contracte les termes anglais "FOReign EXchange", signifiant le change dans la langue de Shakespeare) : où l'on échange des monnaies nationales contre d'autres. Les marchés de devise les plus liquides, sur lesquels les montants échangés sont les plus importants, sont ceux du dollar, de l'euro, de la livre sterling, et du yen japonais... - les marchés de produits dérivés : où l'on échange différents produits financiers dérivés comme des contrats futures, des options, des swaps...

SCPI

Une SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) est une entité juridique dont l'objectif est d'investir exclusivement dans des actifs immobiliers. C'est-à-dire d'acheter et de gérer des bâtiments de tout type, comme par exemple des commerces, des bureaux, des hôtels, des habitations, des hôpitaux, ou encore des maisons de retraite, en vue de générer des revenus réguliers et des plus-values pour ses actionnaires. Ces revenus réguliers proviennent des loyers perçus des locataires, les plus-values éventuelles de l'appéciation (possible mais pas garantie) des biens immobiliers en portefeuille. Les SCPI permettent ainsi aux investisseurs de placer leur épargne dans des biens immobiliers, à travers un véhicule qui en possède et en gère un grand nombre. Elles présentent donc deux avantages principaux pour les investisseurs : (1) accéder à l'investissement en biens immobiliers avec des sommes modestes en (2) diversifiant son placement dans ce type d'actif. En effet, en achetant une part d'une SCPI, l'investisseur acquiert une part d'un portefeuille de bâtiments. Les SCPI offrent également une plus grande flexibilité par rapport à un investissement direct dans un ou plusieurs biens immobiliers dans la mesure où le détenteur de parts de SCPI peut décider de les vendre selon un périodicité définie (typiquement mensuelle). Les SCPI sons soumises au droit français, mais peuvent investir en France comme à l'étranger. Leur statut leur est conféré par l'Autorité des Marchés Financiers (l'AMF).

Valeur mobilière

On appelle valeur mobilière un titre négociable sur les marchés financiers. Les actions, les obligations, les fonds cotés, ou encore les options sont des exemples de valeur mobilière. Ces titres donnent des droits sur les institutions qui les émettent (Etats, entreprises) — par exemple une créance dans le cas d'une obligation, ou des droits de vote et aux dividendes dans le cas des actions. L'adjectif "mobilière" précise qu'il s'agit de titres négociables, interchangeables et fongibles entre eux. Dit autrement, une action de l'Oréal donne exactement les mêmes droits et possède exactement les mêmes caractéristiques qu'une autre. C'est cette standardisation entre elles qui facilite les échanges de valeurs mobilières et qui leur procure donc une certaine liquidité. Par oppositions à des valeurs "immobilières", comme par exemple des bâtiments ou des terrains, qui peuvent bien évidemment se vendre ou s'acheter (qui restent donc négociables), mais pour lesquels les prix se fixent typiquement pour chaque bien immobilier spécifiquement, au gré à gré. Toujours pour faciliter et accélérer les échanges de valeurs mobilières, elles ont été dématérialisées en France en 1981. C'est-à-dire que les titres physiques (des registres physiques dans lesquels on inscrivait les détenteurs de valeurs mobilières chez des intermédiaires) ont été remplacés par des titres dématérialisés. Depuis, la gestion des dépôts de titres et les échanges de valeurs mobilières se font par gestion informatisée.