Alternatives au Livret A

Un des placements préférés des Français avec l'assurance-vie, le livret A collecte en moyenne 550 millions d’euros tous les ans depuis 10 ans. L'épargne placée sur ce produit reste disponible à tous moments. Les intérêts versés sont exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux. Mais le livret A rapporte de moins en moins et le montant qu’on peut y déposer est plafonné à 22 950 euros. Quels sont les placements susceptibles d'offrir un meilleur rendement ? Vers quelles solutions se tourner quand on a atteint le plafond ?

La longue histoire du livret A

Créé en 1818, le livret A est vieux de plus de deux siècles. Initialement distribué uniquement par les Caisses d'Épargne, il est proposé aujourd'hui par la plupart des grandes banques de détail. Le fait que toute personne, majeure ou mineure, peut être titulaire d'un livret A explique sans doute une partie de sa popularité. Notons cependant qu’une personne ne peut en détenir qu'un seul, et qu’il est soumis à un plafond de 22 950 euros.  

Le livret A présente plusieurs atouts. Tout d’abord, il s’agit d’un livret garanti par l’État, ce qui en fait un placement parfaitement sécurisé. En outre, les intérêts perçus sur un Livret A sont exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux. Enfin, l'épargne reste disponible à tout moment. Pour l’ensemble de ces raisons, le livret A est très populaire parmi les épargnants : 55 millions de Français en détiennent un, soit plus de 4 Français sur 5. Mais sa rémunération ne cesse de baisser ces dernières décennies. Depuis février 2020, il a été réduit à 0,5% son plus bas historique. Pour une analyse détaillée du livret A, c’est ici.

Les autres livrets : une large panoplie, selon le profil de l'épargnant

Au-delà du livret A, il existe d'autres livrets d'épargne réglementés qui permettent de constituer une épargne de précaution, tout en bénéficiant d’une rémunération (plutôt modeste). Ces produits d'épargne alternatifs rémunèrent les fonds placés à des taux garantis par l'Etat. Tout comme pour le Livret A, ces intérêts sont typiquement défiscalisés et exonérés de prélèvements sociaux. Toujours en ligne avec le Livret A, il s’agit de solutions d’épargne plafonnées et liquides, c’est-à-dire où l’épargne reste disponible à tout moment.

Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS)

Anciennement connu comme le CODEVI, le LDDS a pour vocation de contribuer au financement des PME, aux économies d'énergie dans les habitations et, de façon plus générale, à l'économie sociale et solidaire. Plafonné à 12 000 €, il est rémunéré au même taux que le livret A, soit 0,50 %. Toute personne majeure et résidant fiscalement en France peut ouvrir un livret de développement durable et solidaire (LDDS). Comme pour le livret A, une personne ne peut en ouvrir qu’un seul. Pour une comparaison détaillée entre le Livret A et le LDDS, c’est ici.

Le livret Jeune

Le livret jeune est réservé aux jeunes, âgés de 12 à 25 ans, résidant en France. Par ailleurs, il est plafonné à 1 600 € (et exige un dépôt minimal de 10 euros). Son taux d’intérêt est fixé par les banques, et varie donc d’un établissement bancaire à un autre, mais il ne peut pas être inférieur à 0,50 %.

Le livret d'épargne populaire (LEP)

Destiné aux épargnants aux revenus modestes (pour pouvoir l’ouvrir, il ne faut pas dépasser certains seuils de revenus), le montant maximal qu’un détenteur d’un livret d'épargne populaire (LEP) peut y déposer est de 7 700 euros. Son taux d'intérêt annuel est de 1,00 % depuis février 2020 (il était de 1,25% avant cette date)..

Le plan d'épargne logement (PEL)

Le Plan épargne logement (PEL) a pour objectif de permettre à son détenteur de constituer une épargne en vue d'un achat immobilier. On ne peut en détenir qu'un par personne. Contrairement aux différents livrets décrits ci-dessus, sur un PEL l'épargne est bloquée pendant 4 ans. En contrepartie de quoi, son titulaire peut obtenir un prêt immobilier à un taux privilégié et une prime d'État (sous certaines conditions). Toutefois pour les PEL ouverts à partir de 2018, la prime est supprimée et les intérêts perçus imposables. Ils sont en effet soumis, lors de leur paiement, à la flat tax, soit un prélèvement forfaitaire unique de 30 % (composé de 12,80 % d'impots et 17,20 % de prélèvements sociaux).

Le PEL est soumis à un plafond de 61 200 euros et ne peut être alimenté que pendant 10 ans. Par la suite, il continuera de générer des intérêts pendant 5 ans. Le taux est fixé à l'ouverture du PEL. Il s'élève à 1 % depuis le 1er août 2016.  

Le compte épargne logement (CEL)  

Le compte épargne logement (CEL) est un produit d'épargne liquide : les fonds  qui y sont déposés restent à tout moment disponibles. Comme pour le PEL, le CEL donne droit, sous conditions, à l'obtention d'un prêt immobilier et d'une prime d'État. Comme pour le PEL, les intérêts des CEL ouverts depuis 2018 ne sont plus exonérés d'impôt sur le revenu et ne bénéficient plus de la prime d'État.  

Limité à 15 300 €, le CEL doit présenter un solde minimum de 300 €. Son taux d'intérêt est tombé à 0,25 %. S’il n'est pas possible de détenir plusieurs CEL, on peut cumuler un CEL et un plan d'épargne logement (PEL), dès lors que les 2 comptes sont ouverts dans la même banque.

Les super livrets pour un rendement supérieur

Il existe également des livrets non réglementés que l’on désigne souvent par le terme de super livrets. Proposés par les banques traditionnelles, les banques en ligne, et des banques spécialisées, ces livrets sont soumis à l’impôt ainsi qu’aux prélèvements sociaux. Leur rendement, fixé par les banques, présente l'avantage d'être supérieur à celui des livrets réglementés. Les banques spécialisées proposent notamment des taux boostés, pendant de courtes périodes de promotion (typiquement de 2 à 4 mois).

De même, leurs plafonds sont de même généralement plus élevés. Pour prendre un exemple concret, la banque partenaire de Cashbee, My Money Bank, verse un intérêt de 2% pendant quelques mois, suivi de 0,6% dans la limite de 75 000 euros. Ce qui procure un rendement meilleur que celui versé sur le livret A. Le dépôt maximum que le compte d’épargne à vue peut recevoir est de 1 000 000 euros, sachant que dans la limite de 100 000 euros, les dépôts tombent sous la garantie du Fonds de Garantie des Dépôts. L’ouverture de ce compte se fait, sans frais, via une procédure entièrement mobile (ou digitale), sans qu'il soit nécessaire d'y avoir un compte courant.

Plus rentables et plus risqués, les placements alternatifs du marché

À l’exception du PEL, les livrets, réglementés ou non, sont avant tout destinés à se constituer une épargne de précaution. Il s’agit de solutions qui favorisent la sécurité et la liquidité de l’épargne à la rémunération et au rendement. D'autres placements peuvent offrir un rendement supérieur. Mais cela s’accompagne, en contrepartie, d’une prise de risque, elle aussi, plus importante.  

L’assurance vie en euros ou en unités de compte

À côté du livret A, l'assurance-vie en euros est l'autre placement favori des épargnants français, en raison de sa fiscalité avantageuse, le fait que le capital est garanti et de son rendement. Mais les rendements sur ces contrats sont en baisse régulière depuis des années. Les fonds en euros ont rapporté en moyenne 1,46% en 2019 (contre 1,83 % en 2018), ce qui est en effet appréciable comparé au taux du Livret A (0,5 %), mais il est peu probable que la tendance baissière soit inversée dans les années à venir. C’est d’ailleurs pourquoi les compagnies d’assurance proposent et stimulent les placements en unités de compte, plus risqués (car le capital investi est à risque) mais visant des rémunérations plus importantes.

Les contrats d’assurance vie en gestion piloté

Les contrats d’assurance vie en unités de compte permettent aux épargnants d’investir dans une très grande diversité de classes d’actifs, des plus risqués, comme les actions, ou les obligations à haut rendement, aux plus liquides et sûres, comme les obligations d’état. Soit en choisissant seul les actifs précis dans lesquels vous souhaitez placer votre épargne, soit en déléguant une partie ou la totalité de cette gestion des investissements à des spécialistes des sociétés de gestion. Dans ce second cas, on parle de “gestion pilotée”, c’est-à-dire que la société de gestion nommée par l’épargnant se chargera de placer les fonds que l’épargnant lui aura confié, selon des critères stricts définis avec lui en amont. Ces critères peuvent par exemple être de limiter l’exposition du portefeuille aux classes d’actifs les plus risqués, ou encore de tenir compte des convictions personnelles du souscripteur. Ainsi, les contrats d’assurance vie Cashbee+ permettent aux épargnants qui y souscrivent de choisir leurs thèmes d’investissement, comme par exemple la lutte contre le réchauffement climatique, les nouvelles technologies, ou encore l’inclusion sociale.

L’investissement immobilier ou la pierre papier

Pour ceux qui aiment la pierre, comme on appelle communément les investissements immobiliers, il est possible de souscrire à des parts de sociétés civiles de placement immobilier (SCPI). Cela évite de devoir s’occuper soi-même de la gestion administrative des investissements immobiliers, qui peuvent être très consommatrices de temps. La pierre-papier présente notamment les atouts suivants : facilité d'accès aux placements immobiliers grâce (y compris pour ceux qui n’ont pas les moyens pour acheter un bien immobilier), diversification des risques (car on investit dans un portefeuille de biens immobiliers), revenus réguliers, et rendements visés plus élevés. Mais attention, il s’agit d’un placement peu liquide. D’ailleurs on conseille typiquement de n’y placer que l'épargne dont on n'aura pas besoin dans les 10 ans à venir.  

Comme les SCPI, les organismes de placement collectif immobilier (OPCI) achètent des biens immobiliers, dont ils assurent la mise en location et la gestion. Ce qui les distingue des SCPI est qu’ils doivent obligatoirement placer une partie de l’épargne d'actifs financiers (OPCVM) et de trésorerie. Cela permet aux OPCI d’offrir une meilleure liquidité que les SCPI.

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