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Les marchés,
en 5 minutes.

Tous les lundis, un court récap’ de la semaine passée, et ce qu’il faut surveiller dans celle à venir.

Briefing du

November 2, 2026

  • L'économie française repasse dans le rouge. Le PIB français s'est contracté de 0,1 % au troisième trimestre 2026, selon la première estimation de l'Insee, après une stagnation au trimestre précédent. Un chiffre décevant, alors que les économistes anticipaient une légère croissance de 0,1 %. Le recul s'explique principalement par la chute des exportations (-1,7 %) et la baisse de l'investissement (-0,6 %). La consommation des ménages résiste néanmoins, avec une progression de 0,4 %. Sur fond de tensions politiques, de taux d'intérêt élevés et de facture énergétique alourdie, cette contraction confirme la fragilité de la reprise économique française.
  • L'économie américaine accélère à 3,4 %. À rebours de la tendance européenne, le PIB des États-Unis a progressé de 3,4 % en rythme annualisé au troisième trimestre, contre 2,2 % au trimestre précédent, selon la première estimation du Bureau of Economic Analysis. Cette performance dépasse les attentes des économistes et s'appuie sur la bonne tenue de la consommation, de l'investissement et des dépenses publiques. Elle témoigne de la résistance de l'économie américaine, malgré les tensions commerciales et la hausse des prix de l'énergie. Mais cette vigueur complique aussi la tâche de la Fed, qui doit arbitrer entre le soutien à la croissance et la lutte contre une inflation toujours persistante.
  • La tech sanctionnée par les marchés. Les résultats décevants d'Alphabet, maison mère de Google, ont déclenché une nouvelle vague de ventes sur les valeurs technologiques. Le titre a plongé de plus de 12 % jeudi, après des revenus inférieurs aux attentes et surtout un flux de trésorerie disponible négatif de 9,1 Md$, sous l'effet des investissements massifs dans l'IA. Intel a également chuté d'environ 20 %, pénalisé par des perspectives décevantes et la faiblesse de son activité PC. Le Nasdaq a reculé de près de 1,4 % en séance. Derrière ces corrections, une même interrogation : les milliards investis dans les centres de données, les puces et l'IA généreront-ils suffisamment de revenus pour justifier leur coût ?
  • 6,3 milliards de dollars envolés chez Binance. La première plateforme mondiale d'échange de cryptomonnaies a subi un incident de sécurité d'une ampleur exceptionnelle, estimé à 6,3 Md$ de transactions non autorisées. Selon les premières investigations, un ordinateur compromis d'un employé aurait permis à un hackeur d'accéder à un système interne et de déclencher les retraits. Binance a temporairement suspendu les dépôts et les retraits. Environ 3 Md$ d'actifs auraient déjà été gelés. La plateforme affirme que les fonds des clients sont protégés et que les pertes seront intégralement couvertes par ses réserves et le fonds SAFU. Cet épisode rappelle néanmoins le risque opérationnel et de contrepartie qui demeure au cœur de l'écosystème crypto.
  • Les géants pétroliers engrangent des bénéfices exceptionnels. TotalEnergies a publié un bénéfice net ajusté de 9,1 Md$ au troisième trimestre, en hausse de 127 % sur un an, un niveau inédit depuis début 2022. Le groupe français profite de marges de raffinage historiquement élevées et de la flambée des prix du gaz, dans un contexte de fortes perturbations de l'approvisionnement liées au conflit au Moyen-Orient. Son cash-flow atteint 12,3 Md$ sur le trimestre. La tendance est également visible chez ses concurrents : Shell affiche 10,8 Md$ de bénéfice ajusté, tandis que BP annonce un record de 8,5 Md$. Les grands groupes pétroliers profitent ainsi d'un environnement exceptionnellement favorable, qui leur permet de renforcer leurs bilans et de poursuivre leurs rachats d'actions.
  • Christine Lagarde quitte la BCE avant la fin de son mandat. La présidente de la Banque centrale européenne a annoncé son départ pour le 7 février 2027, soit huit mois avant l'échéance de son mandat. Elle explique vouloir retrouver davantage de liberté d'expression pour intervenir sur des sujets économiques et politiques qui dépassent le strict cadre de la politique monétaire. Les règles de neutralité imposées aux dirigeants de la BCE limitent en effet leur capacité à prendre position sur ces questions. Cette décision intervient dans un contexte délicat pour l'institution, confrontée à une inflation persistante, à la remontée des taux obligataires et aux tensions sur les finances publiques européennes. Le choix de son successeur sera particulièrement scruté par les marchés, tant l'indépendance de la BCE demeure essentielle à la crédibilité de l'euro.

Briefing du

October 26, 2026

- La dette française toujours plus coûteuse. Le rendement des OAT françaises à 10 ans a atteint 5,14 %, un niveau inédit depuis 2002. L'écart avec le Bund allemand de même échéance s'est creusé à environ 174 points de base, au plus haut depuis la crise de la zone euro de 2011. Les inquiétudes sur le déficit public, l'instabilité politique et la capacité du gouvernement à faire adopter un budget crédible poussent les investisseurs à exiger une prime de risque toujours plus élevée. Une mauvaise nouvelle pour les finances publiques.

- Meta fait dérailler la Bourse et refroidit l'enthousiasme pour l'IA. Le titre Meta a chuté de plus de 7 % jeudi, malgré des revenus trimestriels en hausse de 26 %, à 64,6 Md$. En cause : l'envolée des investissements massifs dans l'intelligence artificielle et un projet de financement faisant craindre une dilution des actionnaires. Le groupe a notamment relevé ses prévisions de dépenses d'investissement annuelles de 5 Md$, à une fourchette de 135 à 145 Md$. Les investisseurs s'interrogent désormais sur la rentabilité de cette course à l'IA. La sanction a dépassé Meta : le Nasdaq a perdu 2,6 % et les valeurs des semi-conducteurs ont fortement reculé : le marché devient plus exigeant sur le rendement des investissements dans l'IA.

- Carrefour paie le prix des émeutes. Le distributeur a revu à la baisse ses objectifs annuels après les violences, pillages et couvre-feux qui perturbent ses magasins en France. Il table désormais sur une croissance stable à légèrement positive de son bénéfice ajusté par action en 2026, contre une progression auparavant attendue à 7 à 9 %. Environ 50 magasins ont été directement touchés et les coûts liés aux marchandises volées, aux dégâts matériels, aux fermetures et à la sécurité se chiffrent déjà en dizaines de millions d'euros. Un nouveau coup dur pour la distribution, déjà confrontée à des consommateurs fragilisés par la hausse des prix de l'énergie.

- Les valeurs refuge retrouvent leur attrait. Face aux tensions géopolitiques, aux inquiétudes sur la dette et aux doutes sur la rentabilité des investissements dans l'IA, les investisseurs se replient vers les actifs jugés plus sûrs. Le rendement des Treasuries américains à 10 ans est tombé sous les 5 % jeudi, à environ 4,95 %, après avoir dépassé 5,14 % la veille : un mouvement qui traduit une hausse de la demande pour les obligations américaines. Le yen profite lui aussi de ces arbitrages. Le dollar est passé autour de 156,3 yens vendredi, tandis que l'euro est tombé jusqu'à 175,2 yens, son plus bas niveau depuis un an.

- Tesla et SpaceX bientôt réunis ? La perspective d'un rapprochement entre les deux entreprises d'Elon Musk alimente les spéculations à Wall Street. Les deux entreprises ont nommé des comités qui étudient ce qui serait une méga-fusion. Certains analystes envisagent une opération qui pourrait être annoncée avant l'assemblée annuelle de Tesla, prévue le 3 décembre. SpaceX, portée notamment par la croissance de Starlink, et Tesla, engagée dans les véhicules électriques et l'IA, pourraient trouver des synergies autour des infrastructures, des technologies et des ambitions spatiales du milliardaire. Mais attention : aucune fusion n'a été officiellement annoncée.

- La défense reste un secteur en pleine forme. Lockheed Martin a publié des résultats trimestriels solides : son chiffre d'affaires a progressé de 11 % sur un an, à 20,7 Md$, et son bénéfice net de 14 %, à 1,8 Md$. Surtout, son carnet de commandes a atteint un record de près de 292 Md$, en hausse de 27 % par rapport au deuxième trimestre, porté notamment par les contrats de missiles intercepteurs PAC-3. Fort de cette visibilité, le groupe a relevé ses perspectives financières pour 2026 et augmenté son dividende pour la 24e année consécutive. Dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes et de réarmement, les industriels de défense bénéficient d'une demande soutenue et de commandes pluriannuelles.

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Briefing du

October 16, 2026

- L'inflation française grimpe à 3,1 %, son plus haut niveau depuis début 2024. Selon l'Insee, les prix ont progressé de 3,1 % sur un an en septembre, un chiffre révisé en hausse de 0,1 point par rapport à l'estimation provisoire, et à comparer à 1,2 % un an plus tôt. Ce sont surtout les prix de l'énergie qui tirent la hausse. Sur un mois, les prix reculent toutefois de 0,3 %, avec la fin de la saison touristique.
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- Les banques américaines rassurent, sauf Bank of America. Goldman Sachs a largement battu les attentes, avec un bénéfice de 17 $ par action contre environ 13 $ attendus, et Citi affiche son meilleur troisième trimestre en dix ans côté revenus. JPMorgan passe de peu sous les attentes, mais le crédit reste sain. Bank of America fait figure d'exception : son bénéfice chute de 17 %, à 6,9 Md$, plombé par une amende de 1,2 Md$ du Trésor américain et un trading décevant. Son titre cède près de 5 %.
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- Plusieurs experts parient sur un rebond de l'or. Après une baisse de 8,5 % en septembre, malgré des entrées record de 31 Md$ dans les fonds cotés, l'once s'échange autour de 4 150 $, soit 26 % sous son sommet de janvier. Les participants à la conférence annuelle de la LBMA, l'association du marché de l'or, anticipent en moyenne 5 000 $ d'ici un an, portés par les achats des banques centrales.
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- ASML très confiant : ses clients veulent plus de machines qu'elle ne peut en produire. Le fabricant néerlandais de machines à puces affiche un chiffre d'affaires record de 11,7 Md€ au troisième trimestre et relève pour la troisième fois cette année ses prévisions 2026, à 44-45 Md€. Son PDG reconnaît que l'offre prévue pour 2027 et 2028 ne suffira pas, certains clients voulant déjà commander pour 2029. Avec environ 670 Md$ de capitalisation, ASML est de loin la plus grosse entreprise européenne, presque deux fois HSBC.
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- Le CAC 40 décroche par rapport à la zone euro. L'indice parisien recule d'environ 3 % depuis janvier, quand les Bourses européennes gagnent plus de 7 %, et se dirige vers sa plus forte sous-performance annuelle face au Stoxx 600 depuis 2010. Les inquiétudes budgétaires, la flambée des taux français et l'approche de la présidentielle d'avril 2027 pèsent sur les investisseurs, en particulier sur les banques.
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- Forte correction sur la dette des bâtisseurs de l'IA. Les obligations 2032 de CoreWeave, émises à 9,6 % en juin, ont vu leur rendement grimper jusqu'à près de 15 % cette semaine, et celles d'Oracle ont lâché près de 9 % en une séance dans leur sillage. Des banques, dont JPMorgan, peinent par ailleurs à replacer 38 Md$ de prêts liés à des centres de données loués à Oracle. De quoi rappeler que le boom de l'IA se finance de plus en plus à crédit, et que les prêteurs commencent à regarder la facture.

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