Que faire de mon bonus ?
En tant qu’anciens banquiers d’affaires, nous savons qu’en ce début d’année, une fois de plus, un segment de la population vit un moment d’excitation particulier. Il s’agit des traders, spécialistes en opérations de haut de bilan et autres banquiers conseil, à qui on va annoncer, dans les jours qui viennent, leur bonus au titre de l’année 2025.
Et cette année, les attentes sont élevées, au regard des commissions et profits générés par les banques d’affaires et les salles de trading, qui sont au plus haut depuis 2019 dans la plupart des maisons.
Les banquiers et traders dépensent une énergie immense pour se positionner auprès des dirigeants qui contrôlent le “bonus pool” chargés des attributions, pour sécuriser la plus grosse part du gâteau.
Il est alors frappant de constater le manque de temps et d’effort que ces mêmes financiers, ultra-compétitifs et ambitieux, accordent ensuite à l’allocation de ces grosses sommes d’argent qui leur sont accordées. Un vrai cas de cordonniers qui se chaussent très mal !
Donc voici notre guide pour aider mes anciens collègues chez Bank of America - et leurs confrères chez Goldman Sachs, Morgan Stanley, BNPParibas, Lazard et Rothschild - à faire mieux avec leurs bonus.
De quelles sommes parle-t-on ?
Les bonus sont des multiples du salaire annuel … pour les meilleurs
Les montants des bonus restent un sujet opaque. Car la première instruction qu’on vous donne lorsqu’on vous annonce votre premier bonus, - et qui est répété à chaque rendez-vous annuel - est de ne JAMAIS dévoiler cette information à quiconque. Car ils peuvent fortement varier d’un banquier à un autre, de même séniorité et niveau d’expérience, en fonction, notamment, de la contribution aux bénéfices générée par chacun.
Mais la réglementation nous vient en aide. Car elle oblige les grandes banques à publier les nombre de personnes qui gagnent, bonus compris, plus de 1 million d’euros, en précisant, pour ces “Material Risk Takers” (les preneurs de risques significatifs) la composition de leur rémunération, en distinguant entre la partie fixe - le salaire - et la partie variable - le bonus.
En outre, des études menées par des cabinets de recrutement nous permettent d’avoir une idée des moyennes. Celles-ci dévoilent que les plus gros producteurs, qui ont atteint le rang de Managing Director bénéficient typiquement de salaires annuels de 350 000 euros, auxquels il faut ajouter le bonus qui peut atteindre un multiple du salaire, pour arriver à une compensation totale qui s’approche ou qui peut dépasser le million d’euros.
Pour les banquiers qui ont généré les plus grosses commissions - les “rain makers” (ou faiseurs de pluie) -, ou encore les patrons qui gèrent des départements très profitables, cela peut même aller plus loin encore, avec, pour une poignée de banquiers, des rémunérations qui atteignent plusieurs millions d’euros.
Bref, il s’agit de sommes considérables. Et ne plaignons pas trop non plus les rangs plus juniors, remplis d’Associates, de Vice Présidents et de Directeurs, qui gagnent tous plusieurs centaines de milliers d’euros par an.
Les formules de différé
Alors soyons plus précis. Lorsque votre patron vous convoque pour vous annoncer votre compensation totale pour l’année, la feuille qu’il vous remet affiche non seulement ce chiffre, mais aussi la composition et le timing du versement de la partie variable.
En effet, l’usage veut - et la réglementation exige - qu’une partie du bonus soit versée progressivement, sur une période pouvant aller jusqu’à sept ans, et en actions de la banque.
Plus le bonus est conséquent, plus cette partie, différée et versée en actions, est importante en proportion de la rémunération totale. Ce mécanisme vise à inciter les banquiers les plus seniors à prendre leurs décisions en prenant en compte les risques qui y sont associés, dans la durée.
En effet, si les bonus étaient versés en intégralité en janvier, sur la seule base des profits générés l’année précédente, il serait tentant de faire des transactions très rentables (en termes de profits immédiats), mais qui exposeraient la banque à des pertes potentielles futures significatives. Le fait que la réglementation impose qu’une grosse partie du bonus soit différée limite cette tentation. Car cette partie différée du bonus peut être légalement retenue, si la banque rencontre des difficultés financières.
De la même façon, le versement de ce bonus est partiellement en titres - les actions de la banque. Cette mécanique vise à aligner les intérêts des banquiers avec ceux de leur employeur. En effet, si les banquiers génèrent des profits, sans prendre trop de risques, le cours de bourse de la banque devrait monter, alors que des transactions donnant lieu à des risques élevés, et donc des pertes futures, auraient l’effet inverse.
Des cibles très intéressantes pour les gestionnaires de patrimoine
Il n’y a pas de doute que les banquiers d’affaires et les traders font partie des foyers à très haut revenu qui en font des cibles très intéressantes pour les conseillers en investissement et les plateformes d’investissement. Qui doivent prendre en compte les deux facteurs particuliers décrits ci-dessus, que sont le différé et le versement partiel en titres des bonus.
Le risque de concentration
Ce système de rémunération, qui inclut une partie importante en actions, fait que ces banquiers constituent des patrimoines importants mais structurellement concentrés sur la seule action de leur banque. Pour comprendre le risque de concentration que cela représente, il suffit d’échanger avec les rain makers de feu Lehman Brothers ou feu Crédit Suisse, qui ont vu la valeur de leurs portefeuilles fondre comme neige au soleil, le jour où ces deux banques ont disparu.
Parmi eux, ceux qui ont régulièrement vendu (une partie) des actions qui leur étaient allouées, pour allouer ces fonds ailleurs, s’en sont très bien sortis. À la différence de ceux qui ont accumulé une position graduellement de plus en plus importante en actions de leurs banques, qui ont été liquidées (Lehman) ou rachetées à la casse (Crédit Suisse).
Une population qui manque de temps
Les financiers manquent de temps. Les juniors passent énormément de temps au bureau (la mauvaise blague est de dire qu’un Associate d’une banque d’affaires est bien aux 35 heures, mais deux fois par semaine). Et les Managing Directors passent leur temps dans l’avion pour rencontrer les clients.
Ce sont des cordonniers qui se chaussent mal, aussi parce qu’ils n’ont pas nécessairement envie de passer le peu de temps libre qui leur reste à gérer leurs finances personnelles.
Une plateforme d'investissement facile à utiliser, avec un accès à la demande à un conseiller en investissement devrait donc être particulièrement appréciée par cette population, pressée mais fortunée, qui comprend les principes financiers et notamment l’effet des intérêts composés.
Mais une population d’investisseurs cibles complexe et régulée
Sur papier, Cashbee devrait être une solution parfaite pour eux. Et pour être clair, Cashbee compte un certain nombre d’entre eux parmi ses clients. Mais nous pourrions servir un nombre de banquiers et traders bien plus important.
Dans la pratique, quelques freins existent à cette symbiose parfaite mais théorique.
La conformité des banques limite fortement les alternatives de placement des banquiers
Les banques sont très strictement supervisées. Cette supervision s’étend aux investissements personnels de banquiers d’affaires, qui sont en permanence en possession d’informations confidentielles. En effet, des équipes entières travaillent pendant des mois dans la confidentialité totale pour négocier les termes et conditions d’une fusion ou d’une acquisition avant que celle-ci ne soit rendue publique.
Pour un banquier conseil, il serait facile, mais illégal, de tirer profit des informations confidentielles qu’il possède, par exemple en investissant dans les actions cotées d’une société sur laquelle son client s’apprête à faire une offre d’achat. Il s’agirait d’un délit d’initié, qui pourrait entraîner l’emprisonnement du banquier et des amendes conséquentes pour son employeur.
Par crainte de sanctions lourdes, les équipes de conformité des banques ont adopté des règles draconiennes, typiquement bâties autour de deux axes : (1) les banquiers n’ont pas le droit d’investir dans des titres vifs (actions cotées ou obligations spécifiques), sans exception, et (2) avant tout investissement, les banquiers doivent solliciter et obtenir l’autorisation de l’équipe conformité. Cette deuxième règle a pour conséquence que la charge administrative associée à un “simple” investissement est plus lourde et chronophage pour eux.
Des investisseurs “sachants” parfois… pénibles
Dans l’excellent roman “Bonfire of the Vanities” de Tom Wolfe, paru en 1987, les banquiers d’affaires, les traders et banquiers d’affaires de Wall Street se définissent comme les “maîtres de l’univers”. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis, et loin de moi de penser que tous les banquiers d’affaires et traders se croient dotés d’une intelligence sur-humaine. Mais disons qu’ils ne sont pas tous connus pour leur sens de la modestie et de l’humilité.
Et comme la finance est leur domaine d’expertise, ils peuvent devenir des investisseurs très, disons, exigeants. Ce qui n’est pas un problème, si leur démarche est motivée par un besoin logique de bien comprendre les caractéristiques et les risques d’un placement donné, avant d’y investir.
Mais ce qui devient rapidement pénible pour le conseiller en investissement si le client banquier cherche à démontrer qu’il sait mieux, en inondant le conseiller de questions techniques, sans jamais passer d’ordre, dans une quête perpétuelle du produit qui offre un rendement très élevé, sans lui faire prendre trop de risques.
Donc, dans quoi investir ces bonus ?
Après cette très longue introduction, le cadre est, enfin, fixé pour répondre à la question posée.
Tenir compte de critères particuliers
Il s’agit de trouver des placements qui correspondent aux critères suivants :
- Acceptables pour les départements de conformité de la banque ;
- Compréhensibles rapidement par des experts en finance, qui manquent de temps
- Accessibles facilement et à distance
- Visant des rendements plutôt élevés, à destination d’investisseurs avertis qui disposent tous déjà de leur épargne de précaution
Contrairement à d’autres épargnants, certaines considérations habituelles pèsent moins lourd :
- Les montants d’investissement minimum par placement peuvent se compter en dizaines, ou même en centaines de milliers d’euros ;
- Les connaissances financières de l’investisseur ciblé sont typiquement élevées, pour des considérations MIFID
Première idée : les fonds d’ETF
Il nous semble que les investissements suivants sont alors pertinents :
La première suggestion consiste à faire simple, et d’allouer une partie du bonus à un fonds d’ETF, adapté à votre profil de risque. Ces fonds sont constitués d’une dizaine d’ETF qui répliquent des indices phares dans différentes classes d’actifs, en l’occurrence, en actions, en obligations et en or.
Aucun problème pour convaincre la conformité sur le plan des risques de conflits, tellement le portefeuille ainsi constitué est diversifié, par classe d’actifs et géographiquement.
Aucun problème de suivi ou de réallocation dans le temps, notre partenaire Amundi s’en charge pour vous, pour s’assurer d’une exposition aux différentes classes d’actifs constante dans le temps.
Énorme avantage sur les frais, qui restent modestes, dans la mesure où chaque fonds d’ETF (Prudent, Équilibre, Dynamique) ne contient que des ETF.
Seconde idée : le co-investissement en art
Chez Cashbee, vous pouvez investir dans des œuvres iconiques d’artistes de renom comme Andy Warhol, Picasso ou encore Niki de Saint Phalle à partir de 20K€, pour viser un rendement de l’ordre de 17% net de frais (avec des variations importantes d’un tableau à un autre).
De nouveau, difficile pour la compliance de refuser ce type de placement, au nom du risque de délit d’initié.
Par ailleurs, il s’agit d’un placement qui vous décorrèle de votre exposition naturelle au marché actions (à travers les actions que vous recevez, année après année, de votre banque).
Enfin, cela vous permettra de briller lors de vos dîners en ville, lors desquels vous pouvez alors mentionner votre passion pour l’art et vos participations dans plusieurs œuvres. Le seul danger serait de croiser le chemin d’entrepreneurs milliardaires, qui acquièrent ces œuvres à plusieurs millions d’euros pour leur simple plaisir.
Troisième idée : investir en Fonds Commun de Placement dans l’Innovation (FCPI)
Qui dit gros bonus et gros salaires, dit fiscalité importante et impôts sur le revenu conséquents. Il n’est donc pas inutile de s’intéresser aux placements qui vous permettent de réduire votre facture fiscale.
L’investissement en FCPI en fait partie. En effet, selon la FCPI retenue, vous pouvez déduire une partie conséquente de la somme placée directement de vos impôts. Dans le cas du FCPI Technologies Souveraines, proposé par notre partenaire Wind Capital, la déduction est égale à 27% du montant investi, dans la limite de 75 000€ pour un individu et 150 000 € pour un couple.
Ici, la négociation à mener avec l’équipe conformité est potentiellement un peu plus subtile. Mais vous devriez pouvoir obtenir les autorisations nécessaires, sauf si vous êtes un spécialiste du secteur de la défense. Car le FCPI Technologies Souveraines n'investit que dans des sociétés innovantes non-cotées dont une partie conséquente de l’activité est dédiée aux sujets de la défense et la souveraineté de l’Europe.
Ce placement est risqué et illiquide par nature, mais il vise un rendement correspondant élevé, en ligne avec les objectifs usuels dans le secteur du capital risque.
Cerise sur le gâteau, il s’agit d’un investissement citoyen, dans un contexte géopolitique tendu.
Les avantages distinctifs des plateformes digitales comme Cashbee
Quelle que soit l’allocation que vous considérez pour votre bonus à venir (ou pour ceux reçus dans le passé qui ne font que dormir sur votre compte bancaire), il nous semble pertinent de souligner l’attractivité des plateformes d’investissement digitales par rapport aux acteurs du conseil en investissement traditionnels.
Oui, nous prêchons pour notre paroisse, et cette opinion est biaisée.
Mais nous sommes convaincus qu’un outil digital qui vous permet d’investir de façon simple et de suivre vos placements au quotidien, depuis le lounge de la classe d’affaires, en attendant votre prochain vol pour Tokyo ou New York, présente un véritable avantage pour vous.
De même, il nous semble utile de pouvoir gérer votre portefeuille en quelques clics depuis votre smartphone, afin de gagner du temps (même si la connectivité dans l’Eurostar pour Londres peut encore vous jouer des tours, typiquement au moment où il faut cliquer une dernière fois). Nos parcours clients sont pensés pour des investisseurs pressés.
En outre, notre plateforme réunit l’ensemble des classes d’actifs évoqués (et bon nombre de classes d’actifs additionnels), dans un seul et même endroit, allant des solutions de placements les plus sécurisés et liquides - tel que le livret bancaire et le fonds euros en assurance vie - aux placements plus complexes, qui visent des rendements bien plus importants.
De plus, nous nous consacrons uniquement à l’épargne et aux investissements. Donc on n’inondera pas votre boîte mail avec des offres de carte de crédit, d’assurance dommage ou d’emprunt immobilier.
Enfin, nous sommes passés par là. Avant de co-fonder Cashbee, nous avons dû batailler avec les équipes de conformité pour saisir des opportunités d’investissement. Nous avons manqué de vigilance quant au risque de concentration croissant qui se manifeste quand on ne cesse de cumuler des actions de sa banque, sans jamais en vendre. Bref, on vous comprend.
Si ce qui précède vous intrigue, et si vous souhaitez faire partie des cordonniers qui se chaussent enfin en Berlutti et chaussons Loro Piana, n’hésitez pas à nous contacter. Nous tâcherons d’être à la hauteur de vos exigences (et celles de votre département Compliance).


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