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What happens in Davos, does not (always) stay in Davos !*

Publié le :
22.01.2026
Mis à jour le :
22.01.2026

*Ce qui se passe à Davos, ne reste pas toujours à Davos

« Ce qui se passe à Davos reste à Davos »… ou pas vraiment. Une partie des décisions et des deals conclus entre les grands décideurs du monde dans la petite station grisonne finit par impacter la croissance, l’inflation, la régulation… et donc les portefeuilles des investisseurs, sur tous les continents.

Aux origines de Davos

À l’origine, Davos n’était pas cette grand-messe politico-médiatique où les chefs d’État se rendent pour s’expliquer sur des sujets comme le Groenland, la guerre en Ukraine, ou encore l’accès au pétrole Vénézuélien, mais un discret séminaire de management. 

En 1971, Klaus Schwab, professeur de business à l’Université de Genève, y réunit environ 450 dirigeants européens pour leur présenter les méthodes de management américaines, sous le nom de « European Management Forum ». L’objectif est alors très concret : aider les entreprises européennes à gagner en compétitivité dans un contexte de Guerre froide, de tensions pétrolières et de mondialisation naissante.

Dès le départ, le Forum est structuré comme une fondation à but non lucratif, sous supervision des autorités suisses, avec une mission affichée plutôt ambitieuse  : « améliorer l’état du monde » en réunissant dirigeants économiques, politiques, académiques et associatifs. Cette ambition se traduira, en 1987, par le changement de nom : l’European Management Forum devient le World Economic Forum, signalant l’élargissement au-delà de l’Europe et du simple management.

Comment Davos a changé

En un demi-siècle, Davos est passé d’un séminaire de patrons à un véritable « village global » de l’élite économique et politique, auquel s’invitent quelques personnalités connues pour leur engagement sociétal, comme le footballeur David Beckham, ou encore les chanteurs Katy Perry et Elton John. 

Le nombre de participants est passé d’environ 444 en 1971 à plusieurs milliers aujourd’hui, dont plus de 50 chefs d’État ou de gouvernement pour l’édition en cours. 

Les discussions se sont élargies aux grands sujets du moment : mondialisation, crises géopolitiques, tensions financières, transition climatique, intelligence artificielle, inégalités sociales…

Cette montée en puissance a fait émerger ce que certains appellent la « classe de Davos » : un réseau transnational de dirigeants politiques, financiers et industriels qui se retrouvent chaque année pour partager diagnostics, opportunités… et parfois intérêts. Pour le meilleur (coopérations, initiatives globales) comme pour le plus controversé (concentration de pouvoir, manque de transparence), Davos est devenu un lieu où l’on ne fait plus seulement du networking, mais où l’on teste et oriente des agendas économiques et réglementaires.

Ce qui se dit… et ce qui se décide

Une partie de Davos est très visible : sessions plénières, panels filmés, rapports annuels comme le « Global Risks Report » ou le « Future of Jobs Report », abondamment commentés par les gouvernements, les grandes entreprises et les investisseurs institutionnels. Ces publications contribuent à cadrer les sujets « à surveiller » pour les années à venir : risques climatiques, fragmentation géopolitique, tensions sur les chaînes de valeur, évolutions du marché du travail, etc.

Mais l’essentiel de la valeur de Davos se joue en coulisses. Entre deux conférences, les rencontres bilatérales, dîners privés et réunions « off » permettent de nouer des alliances : accords d’investissement, partenariats technologiques, engagements climatiques communs, ou encore discussions préliminaires à des fusions-acquisitions ou à des réformes réglementaires. Ces interactions informelles, où se croisent ministres, patrons de fonds souverains, dirigeants de multinationales banquiers conseil et start-ups, servent souvent de déclencheur ou d’accélérateur à des décisions qui seront formalisées plus tard, bien loin des montagnes suisses.

Impact sur l’économie mondiale… et sur les investisseurs

Pour un investisseur, Davos n’est pas seulement un spectacle de déclarations politiques, de manteaux en laine et de panels sur la durabilité, c’est aussi un baromètre et parfois un catalyseur. Les grands thèmes qui y dominent donnent des indications sur les priorités des décideurs : tensions géopolitiques, montée en puissance des marchés privés, régulation de l’IA, financement de la transition énergétique, réorganisation des chaînes d’approvisionnement, etc.

Concrètement, cela peut se traduire par plusieurs effets :

  • Des signaux d’orientation politique et réglementaire, par exemple sur la souveraineté, la finance durable ou la fiscalité internationale, qui impactent directement certains secteurs (défense & armement, énergies fossiles, tech, banques, utilities).

  • Des engagements d’investissement (cybersécurité, fonds pour le climat, infrastructures, santé, numérique) qui redirigent des flux de capitaux vers des thématiques précises, influençant les performances relatives de classes d’actifs ou de régions.

  • Un cadrage des « récits » économiques dominants : optimisme ou pessimisme sur la croissance mondiale, perception des risques géopolitiques, confiance dans la capacité des banques centrales à maîtriser l’inflation… autant d’éléments qui pèsent sur les valorisations et les primes de risque.

Entre influence utile et risques de dérive

Le succès de Davos ne va pas sans critiques. De nombreux observateurs dénoncent la concentration de pouvoir entre quelques milliers de décideurs, dont une grosse partie est non élue, la faible transparence des discussions sensibles, et le risque que des intérêts privés influencent des politiques touchant des milliards de personnes, sans véritable contre-pouvoir démocratique. 

Le Forum est régulièrement accusé de servir de vitrine à des entreprises qui parlent d’égalité, de climat ou de justice sociale… tout en poursuivant des pratiques contribuant à l’augmentation des inégalités ou à la dégradation environnementale.

Pour les investisseurs, cela pose deux enjeux. D’une part, comprendre que ce qui se joue à Davos peut précéder des réorientations structurelles : des rapports de force changeants entre pays et sphères d’influence mouvantes, vers plus de régulation (climat, tech, finance), vers une montée en puissance de certains pays émergents, ou vers des formes renouvelées de « capitalisme des parties prenantes ». 

D’autre part, garder un regard critique : les grands récits de Davos peuvent s’avérer trop consensuels, trop optimistes, ou au contraire dramatiser certains risques, ce qui crée des décalages entre discours et réalité économique, donc des opportunités ou des pièges pour les portefeuilles.

En résumé, tout ne « reste » pas à Davos : ce qui s’y dit façonne les narratifs, ce qui s’y décide orientent parfois les flux de capitaux, et ce qui s’y négocie en coulisses peut se traduire, quelques trimestres plus tard, par de nouvelles règles du jeu pour l’économie mondiale… et pour les investisseurs individuels comme institutionnels. À chacun d’écouter la musique de Davos – sans se laisser hypnotiser par le décor alpin.

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