Big is Beautiful… en 2021, en tous cas

Dec 12, 2021

Les actions des 10 plus grandes sociétés américaines sur-performent

Les actions américaines dominent

Le constat est édifiant et sans appel. En 2021, il valait mieux investir en actions américaines. Le marché US a en effet délivré une performance de 11% supérieure au reste du monde à date.



Cette sur-performance s’est notamment réalisée au cours de la seconde moitié de l’année, pendant laquelle les actions américaines ont creusé l’écart avec le reste de la planète.

Les 10 plus grosses capitalisations font la différence

Fait remarquable : cette sur-performance est essentiellement due aux dix plus grosses sociétés américaines cotées en bourse, comme le souligne le fameux Financial Times dans le graphique suivant.


On observe bien que, si le marché américain dans son ensemble a certes dépassé le reste du monde de 11%, le top-10 américain, lui, les a surpassé de 28% !

Analyse du “Top Ten”

Qui sont donc ces mastodontes, dont les capitalisations boursières ont explosé depuis le début de l’année ? Les voici :


À l’exception d’Amazon, toutes ces entreprises ont vu leurs cours de bourse augmenter d’au moins 20%, le fabricant de puces électroniques Nvidia remporte la palme avec +142%.

Comment expliquer ce phénomène ?

Big is beautiful

Ce n’est pas parce qu’une société est gigantesque qu’elle est forcément bien gérée, profitable et/ou en forte croissance. Mais il faut reconnaître que la taille joue !

D’abord parce que mécaniquement, les plus grandes sociétés entrent dans de nombreux indices. Or un très grand nombre d’institutions et d’épargnants privés investissent dans les indices (tels que le S&P 500) et créent donc de la demande pour les actions individuelles incluses dedans.

La notoriété joue également. Les plus importantes capitalisations boursières attirent une plus grande attention de la part des analystes financiers, des journalistes économiques et des commentateurs financiers, et gagnent ainsi en exposition médiatique. Tesla constitue un exemple particulièrement parlant, au regard de la présence médiatique de son fondateur Elon Musk !

Big is tech

Mais cela ne peut pas tout expliquer. Il faut évidemment reconnaître la bonne, voire l’excellente performance financière de plusieurs d’entre elles. En soulignant notamment la forte croissance et la rentabilité solide des leaders de la tech.

Les fameux FAANGs (pour Facebook, Apple, Amazon, Nvidia, et Google) ont bénéficié des politiques de soutien et de relance économique. Et leurs modèles d’affaires se sont avérés être particulièrement adaptés aux périodes récentes de confinement.

Big is safe(r) ?

Enfin, reconnaissons que les valorisations boursières, de façon générale, sont élevées par rapport à leurs moyennes historiques. En l’occurrence, le price/earnings ratio (prix de l’action, divisé par les bénéfices) de l’indice S&P est aujourd’hui égale à 34, bien au-dessus de sa moyenne historique de 29. Dit autrement, les actions qui constituent l’indice S&P s’échangent, en moyenne, à un prix représentant 34 fois leurs bénéfices futurs attendus.

Une certaine nervosité s’est donc installée chez les investisseurs, qui craignent une correction de marché. Surtout que les causes potentielles d’un renversement de tendance ne manquent pas : l’inflation est en hausse et semble se pérenniser, les tensions géopolitiques se manifestent un peu partout et les politiques monétaires ultra-accommodantes pourraient être révisées bientôt.

Dans un tel contexte, pas étonnant de voir les investisseurs se focaliser sur les titres les plus connus et les plus liquides, susceptibles de mieux résister à un changement, potentiellement radical, du contexte de marché.

Se concentrer sur les grandes valorisations, une règle d’or ?

D’accord, compris. Faudrait-il donc se concentrer sur les sociétés les plus grosses pour maximiser son rendement / risque ?

Pas si vite. Tout ce que ces statistiques nous montrent, c’est que cette maxime était vraie en 2021 (et encore, nous ne sommes que le 9 décembre !). Il n’est absolument pas certain que cela se reproduira en 2022. Dans le passé, de très grandes sociétés se sont écroulées.

Prenez par exemple le top 10 en 2004 :




Si l’ensemble de ces entreprises existent encore aujourd’hui, certaines ont terriblement souffert : la société pétrolière Exxon vaut aujourd’hui 20 milliards de dollars de moins, la capitalisation boursière de GE a baissé de deux-tiers et est tombée à 107 milliards de dollars, et l’assureur AIG ne pèse plus que 45 milliards de dollars.


En conclusion, il est possible que les tendances qui ont porté les grandes valeurs américaines en 2021 perdurent. Cela leur permettrait de sur-performer à nouveau en termes relatifs, dans les trimestres à venir. Mais le danger réside dans l’hypothèse de départ. Car s’il y a une certitude, c’est bien que les conditions de marché changent en permanence, parfois radicalement.

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