Produits structurés : faut-il garder, vendre ou en acheter de nouveaux en période de turbulences ?
Les marchés financiers ont plongé. Les indices boursiers mondiaux ont encaissé des corrections brutales depuis le début de la guerre en Iran, sur fond d'incertitudes géopolitiques, de la flambée du cours du pétrole et du gaz et de révisions à la baisse des perspectives de croissance mondiale. Dans ce contexte, une question revient régulièrement chez nos utilisateurs : que faire de mes produits structurés ?
C'est une bonne question. Et elle mérite une réponse nuancée, car la situation d'un investisseur qui détient déjà des produits structurés dans son portefeuille est fondamentalement différente de celle d'un investisseur qui envisage d'en souscrire de nouveaux aujourd'hui.
Prenons le temps de distinguer ces deux cas.
Vous avez déjà des produits structurés en portefeuille : que faire ?
La première chose à comprendre, c'est que les produits structurés ne se comportent pas comme des obligations ordinaires. Leur valeur de marché fluctue bien, c'est vrai. Mais ce qui compte vraiment pour évaluer la santé de votre investissement, ce n'est pas tant leur valeur aujourd'hui que la probabilité que les conditions contractuelles soient respectées d'ici à l'échéance.
Rappelons le principe fondamental : un produit structuré est conçu pour tenir ses promesses tant que le sous-jacent — souvent un indice comme l'Eurostoxx 50 ou le S&P 500 — ne franchit pas les barrières de protection définies à l'émission. Ces barrières, typiquement situées entre 30 % et 50 % en-dessous du niveau initial observé à la date d’émission, ont précisément été conçues pour absorber des chocs de marché significatifs.
Revenez aux fondamentaux : où en est votre barrière de protection ?
La correction récente des marchés a certainement rapproché certains indices de leurs barrières. C'est le moment de ressortir la documentation de vos produits et de vous poser deux questions simples.
Première question : quel est le niveau actuel du sous-jacent par rapport à son niveau de départ ? Si, par exemple, votre produit a été émis lorsque l'Eurostoxx 50 était à 6 000 points et que cet indice se retrouve aujourd'hui à 5 600 points, la baisse est d'environ 7 %. Cela signifie que si votre barrière de protection est à 30 %, vous avez encore 23 points de pourcentage de marge avant d'approcher la zone de risque.
Deuxième question : combien de temps reste-t-il avant l'échéance ? Plus l'échéance est lointaine, plus les marchés ont le temps de se redresser. C'est une des grandes vertus structurelles de ces produits : ils vous offrent du temps. Un produit à 10 ans émis il y a 2 ans dispose encore de 8 ans pour que les conditions de remboursement soient réunies.
Vendre en cours de route : rarement une bonne idée
Les produits structurés sont des placements pensés pour être conservés jusqu'à leur terme ou jusqu'à leur remboursement anticipé automatique (l'"auto-call"). Les vendre en cours de route dans un marché baissier, c'est souvent cristalliser une perte alors même que les conditions contractuelles vous protègent encore.
En pratique, la valeur de marché d'un produit structuré dans une période de turbulences peut sembler décevante — elle reflète non seulement la baisse du sous-jacent, mais aussi la hausse de la volatilité implicite et d'autres facteurs techniques de pricing. Si vous cédez le produit aujourd'hui, vous obtiendrez un prix qui ne reflète pas la valeur intrinsèque du scénario central : celui où le marché finit par se stabiliser et où les barrières ne sont pas franchies.
En résumé : à moins que votre situation personnelle ne vous impose un besoin urgent de liquidités, et à moins que l'analyse des barrières vous montre un dépassement imminent, vraisemblable et - selon vous - durable dans le temps, la sagesse est généralement de rester investi.
Exception : quand la barrière est sérieusement menacée
Il existe évidemment des cas où la réflexion est plus difficile. Si votre produit a été émis à une époque où les marchés étaient à des niveaux historiquement élevés — disons fin 2021 ou début 2022 — et que la baisse a déjà été significative, la marge résiduelle avant franchissement de la barrière peut être réduite. Dans ce cas, il peut être judicieux de consulter un conseiller en patrimoine pour envisager une sortie partielle, surtout si le produit arrive à maturité dans un horizon rapproché.
Mais même dans ce scénario, gardez à l'esprit que les marchés financiers ont une remarquable capacité de résilience. L'histoire récente est pleine d'épisodes — Covid en 2020, choc obligataire de 2022, correction techno de 2023 — où des baisses abruptes ont été suivies de rebonds tout aussi rapides.
Vous envisagez de souscrire à un nouveau produit structuré : est-ce le bon moment ?
Voilà une question encore plus intéressante. Et la réponse, un peu paradoxale pour ceux qui n'y ont pas réfléchi, est souvent : oui, les périodes de volatilité accrue sont précisément les moments où les produits structurés sont les plus attractifs.
Pourquoi ? Parce que la conception d'un produit structuré repose sur plusieurs facteurs, dont deux sont particulièrement importants en ce moment.
La volatilité est l'amie des structureurs
Quand les marchés bougent beaucoup — à la hausse comme à la baisse — la volatilité implicite des options augmente significativement. Or, les produits structurés sont notamment construits à partir d'options vendues sur le sous-jacent. Plus la volatilité est élevée, plus ces options se vendent cher, et donc plus les concepteurs du produit disposent de ressources pour financer les mécanismes de protection et proposer un rendement cible attractif.
En clair : en période de stress de marché, les banques qui structurent ces produits peuvent proposer des coupons plus élevés et/ou des barrières de protection plus généreuses. Ce que vous obtenez aujourd'hui est mécaniquement meilleur que ce que vous auriez obtenu lors de marchés calmes et orientés à la hausse.
C'est l'exact opposé de ce qui se passe pour un investissement direct en actions : si vous achetez des actions en pleine euphorie de marché, vous payez cher pour un actif dont les perspectives de hausse sont limitées. Si vous achetez un produit structuré en période de stress, vous bénéficiez de conditions favorables.
Des niveaux d'entrée plus attractifs sur les sous-jacents
Le second avantage tient aux niveaux des marchés. Si le sous-jacent d'un produit — disons l'Eurostoxx 50 — est aujourd'hui à 5 600 points alors qu'il était à 6 200 points il y a six mois, la barrière de protection est fixée à partir de ce nouveau niveau bas. Cela signifie que pour perdre en capital, l'indice devrait encore baisser de 30 à 50 % supplémentaires à partir d'un niveau déjà corrigé.
Autrement dit, votre point d'entrée est meilleur, et votre protection porte sur un plancher plus bas. Dans un scénario où les marchés rebondissent, votre produit sera rappelé (auto-callé) dès que l'indice dépasse son niveau initial — c'est-à-dire dès que le marché retrouve ses niveaux d'aujourd'hui, voire monte légèrement. Ce scénario n'est pas irréaliste dans un horizon de 12 à 36 mois.
Mais attention : quelques mises en garde essentielles
Tout cela ne veut pas dire qu'il faut foncer tête baissée. Plusieurs points de vigilance s'imposent.
Bien choisir son sous-jacent. Dans le contexte actuel, marquer une préférence pour des indices larges et diversifiés plutôt que des actions individuelles ou des paniers d'actions concentrés. Un indice comme l'Eurostoxx 50 ou l'iStoxx France ESG 40 offre une diversification naturelle qui réduit le risque de choc idiosyncratique.
Vérifier la solidité de l'émetteur. Le produit structuré est une obligation émise par une banque. En cas de défaut de l'émetteur, vous n'êtes pas protégé, même si les barrières n'ont pas été franchies. En période de stress, il est d'autant plus important de ne travailler qu'avec des banques bien notées et solidement capitalisées.
Éviter les formules trop complexes. La volatilité pousse parfois les structureurs à proposer des formules très élaborées, avec des mécanismes de constatation multiples, des sous-jacents croisés ou des effets de levier. Si vous ne comprenez pas parfaitement comment fonctionne un produit, ne l'achetez pas. Le meilleur produit structuré est celui dont vous maîtrisez chaque paramètre.
Ne pas sur-allouer. Les produits structurés ont leur place dans un portefeuille diversifié, mais ils ne doivent pas en représenter la totalité. Ils sont illiquides pendant leur durée de vie, et immobilisent votre capital sur une période qui peut aller de 1 à 10 ans. Réfléchissez soigneusement à la part que vous êtes prêt à bloquer.
En conclusion : une logique contre-intuitive, mais solide
La turbulence des marchés crée souvent de la panique, et la panique pousse aux mauvaises décisions. En matière de produits structurés, la réaction instinctive — vendre ce qu'on a, ne rien acheter de nouveau — est souvent à l'opposé de ce qu'une analyse froide recommande.
Si vous avez déjà des produits structurés en portefeuille, la priorité est de vérifier vos barrières et de vous rassurer sur les marges de sécurité qui vous restent. Si elles sont confortables, tenez le cap : c'est précisément pour les moments comme celui-ci que ces produits ont été conçus.
Si vous envisagez d'en souscrire de nouveaux, vous êtes dans une position enviable : la volatilité élevée et les marchés corrigés se combinent pour vous offrir des conditions d'entrée parmi les plus attractives de ces dernières années. C'est contre-intuitif, mais c'est la mécanique des produits structurés : ils sont conçus pour briller précisément quand les marchés déraillent.
Chez Cashbee, nous continuons à sélectionner avec soin les produits que nous proposons à nos utilisateurs, en privilégiant les émetteurs de premier plan, les sous-jacents larges et diversifiés, et des formules claires et lisibles. Parce que la complexité des marchés ne devrait pas se traduire par des placements impossibles à comprendre.
Document marketing à caractère non contractuel. L'investissement dans des produits structurés comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Avant tout investissement, nous vous recommandons de lire attentivement la documentation contractuelle et, si nécessaire, de consulter un conseiller en investissement financier.





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