Les Baby-boomers préfèrent épargner que de dépenser

Jul 1, 2024

Les baby-boomers, nés entre 1946 et 1964, forment une cohorte unique de la population qui suscite de nombreux débats. Âgés aujourd'hui de 60 à 78 ans, ils sont pour la plupart de jeunes retraités ou approchent de la retraite. On les décrit souvent comme la génération la plus chanceuse, ayant évité les guerres majeures, tout en bénéficiant d'une forte croissance économique qui les a rendus prospères (en moyenne). 

What’s not to like, comme dirait les Anglais. Qu’ils profitent de la vie ! Sauf que voilà, malgré leur richesse relative, ils semblent réticents à dépenser leur argent.

Une génération économe

Selon la théorie économique classique, dans les pays développés, les adultes suivent un cycle de vie financier qui se découpe en trois parties : 

Les jeunes adultes dépensent plus qu’ils ne gagnent. Leurs parents, ou les jeunes adultes eux-mêmes doivent financer leur éducation. Une fois dans la vie active, ils empruntent pour acheter un appartement ou une maison.

En pleine vie professionnelle, et souvent en parallèle du remboursement du crédit immobilier, on se met à mettre de côté. Cette épargne se constitue typiquement pour des dépenses importantes futures, comme l’éducation des enfants ou encore la résidence secondaire. Ou tout simplement pour améliorer sa retraite.

En effet, c’est une fois que nous sommes à la retraite, qu’il s’agit de “profiter de la vie” et donc de consommer cette épargne pour voyager, ou entretenir une résidence secondaire.

Les baby-boomers, cependant, ne suivent pas cette logique. Ils sont nombreux à ne pas puiser dans leur épargne. Plus étonnant encore, les boomers sont nombreux à continuer à économiser pendant leurs retraites.

Quelques chiffres illustratifs

Aux États-Unis, 46% des retraités déclaraient avoir épargné en 1995. Ce pourcentage atteint 51% en 2022. 

En Australie, dans les années 2000, les personnes âgées épargnaient très peu. Elles dépensaient la quasi-totalité de leurs revenus. En 2022, 14% d’entre eux mettaient de l’argent de côté. 

En Allemagne, le taux d’épargne des retraités est passé de 17% à 22% entre 2017 et 2022.

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Pourquoi épargner alors qu’on est à la retraite ?

Trois facteurs principaux expliquent pourquoi les baby-boomers ne dépensent pas davantage durant leur retraite.

Transmettre sa richesse aux générations futures

Les baby-boomers ressentent le besoin de transmettre une partie de leur patrimoine aux générations suivantes, souvent moins chanceuses qu’eux sur le plan financier. Ils aident notamment leurs enfants à acheter des maisons ou à financer leurs études. 

Par exemple, les Américains héritent aujourd'hui 50% de plus qu'ils ne recevaient en héritage dans les années 1980 et 1990. 

En Irlande, l’héritage moyen a doublé sur la même période.

La longévité croissante fait craindre des dépenses importantes 

La longévité des baby-boomers s’est allongée, avec de nombreux membres de cette génération susceptibles de devenir centenaires. Passer plus d'un tiers de sa vie en retraite peut entraîner des dépenses médicales importantes. 

Par précaution, les boomers préfèrent ne pas toucher à leur épargne pour couvrir ces coûts potentiels.

L'impact de la pandémie de Covid-19

La pandémie a particulièrement affecté les personnes âgées. Elles étaient les plus à risque de mourir du virus. Cela les a logiquement poussées à adopter des modes de vie plus isolés. Dont elles ont du mal à se débarrasser.

En 2022, les boomers américains dépensaient 18% de moins au restaurant qu’en 2019. Cette réduction des sorties a conduit à une épargne accrue, presque par accident.

Des conséquences économiques certaines

Ce comportement économe des baby-boomers a des répercussions économiques notables. Si cette génération avait adopté une attitude plus dépensière, cela aurait pu entraîner un boost pour l’économie mais aussi d’éventuelles pressions inflationnistes

On peut penser aux secteurs du tourisme pour seniors, les produits de soins anti-âge ou encore à tous les secteurs de services traditionnels (aviation, hôtellerie, restauration, sports, …) qui auraient pu bénéficier d’une demande accrue, spécifiquement en provenance de personnes âgées.

Cette demande accrue de services et de biens par un nombre croissant de retraités, face à une population active en baisse, aurait pu provoquer une hausse des salaires.

Force est de constater que les secteurs qui auraient particulièrement bénéficié de plus fortes dépenses de la part des retraités ne se développent pas aussi rapidement que prévu. L’indice boursier "Ageing Society", qui suit la performance des entreprises ciblant les retraités, a sous-performé l’indice boursier mondial de 1% en moyenne au cours des cinq dernières années.

En conclusion, les baby-boomers, souvent perçus comme une génération prospère et chanceuse, continuent de surprendre par leur prudence financière. Cette tendance à épargner plutôt qu'à dépenser leur richesse influence l'économie mondiale de manière inattendue.

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