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Les adages boursiers : sagesse populaire ou piège grossier ?

Publié le :
23.04.2026
Mis à jour le :
23.04.2026

“Sell in May and go away”, “Buy when there’s blood in the streets”, “Don’t fight the Fed”… Ces adages financiers claquent comme des vérités éternelles. Ils circulent depuis des générations dans les salles de marché comme dans les salons feutrés des family offices et des banques privées. Mais derrière leur élégance rhétorique se cache une question brûlante : sont-ils des boussoles fiables ou de simples contes pour endormir les apprentis investisseurs ? Plongeons dans le folklore boursier avec un scalpel analytique.

Le folklore qui séduit les marchés

Les marchés financiers sont suivis de près par des armées de spécialistes, d’analystes boursiers et de journalistes financiers qui diffusent leur savoir et leurs opinions au grand public, friand d’informations. En effet, entre krachs soudains, bulles irrationnelles et rebonds inespérés, l’investisseur cherche désespérément des points de repères, notamment quand les marchés sont volatils. Les adages boursiers sont nés de ce besoin viscéral : transformer le chaos en proverbe digeste.

Pourquoi ça marche si bien ? Parce qu’ils flattent notre cerveau. Une phrase comme “The trend is your friend” condense en cinq mots une vérité psychologique : on suit plus facilement un troupeau lancé qu’un pionnier solitaire. 

Mais attention : le charme du proverbe est également son ennemi. Trop simple pour un monde multidimensionnel, il risque de nous faire croire qu’un marché complexe se résume à une rime. 

Nous nous sommes penchés sur les adages les plus connus, afin d’en analyser l’efficacité dans la pratique. Est-il rentable pour un investisseur de suivre les conseils condensés dans ces rimes ? La conclusion : les adages éclairent, mais ne suffisent pas pour prendre des décisions d’investissement éclairées et rationnelles.

“Sell in May” : le rendez-vous manqué du printemps

Chaque année, comme un rituel païen, l’adage “Sell in May and go away” refait surface. Vendez en mai, pour ne réinvestir qu’en novembre. L’idée ? Les marchés actions sous-performent l’été, dopés par les vacances et la torpeur générale.

Il y a du vrai là-dedans. Les données historiques sur le S&P 500 montrent une saisonnalité : +7% en moyenne de novembre à avril, contre +2% l’été. Les “Santa Claus rallies” de fin d’année et les primes de janvier alimentent le mythe.

Pourtant, c’est une illusion de précision. Manquer les 10 meilleures journées d’un indice peut diviser par deux votre rendement sur 20 ans. Et 2023 ? L’été a été explosif. La leçon Cashbee : utilisez la saisonnalité comme signal faible, pas comme ordre de liquidation suivi d’un réinvestissement automatique quelques mois plus tard.

“Blood in the streets” : le courage contrariant

“Buy when there’s blood in the streets, even if it’s your own.” Baron Rothschild l’aurait murmuré après Waterloo. Achetez quand la panique règne, quand les valorisations saignent et que le consensus hurle au désastre.

C’est l’un des plus puissants. Les crises (2008, Covid) ont créé les plus belles opportunités pour les téméraires. Pourquoi ? Le marché sur-réagit : peur viscérale, ventes forcées, décotes absurdes sur des joyaux.

Mais voilà le hic : distinguer une tempête passagère d’un Titanic qui coule demande du flair. Investir quand tout les investissements s'affichent en rouge sur les écrans et quand tout le monde vend exige du courage. Amazon en 2000 ? Non. Berkshire Hathaway en 2009 ? Oui. Nous conseillons toujours de valider les fondamentaux, de dimensionner la position, et d’éviter de trop faire dépendre votre stratégie d’investissement de la recherche du meilleur moment pour investir. Les experts n’y arrivent pas alors qu’ils passent douze heures par jour, les yeux rivés sur leurs écrans pour analyser les conditions de marché.

Au contraire, nous sommes plutôt fans de l’investissement régulier, typiquement mensuel, qui vous permet de dormir tranquille. Sur de longues durées, le sang-froid paie, pas l’héroïsme.

“The trend is your friend” : surf ou illusion ?

Suivez la tendance, ne la combattez pas. Simple, non ? Les marchés exhibent du momentum : ce qui monte continue de monter, ce qui baisse s’enfonce. Flux, révisions d’analystes, FOMO collectif : la physique des prix adore l’inertie.

Vrai sur 6-12 mois, fatal sur 3 ans. “Until the end when it bends”, complète l’adage malin. Les bulles éclatent, les value traps piègent. Donc pour l’investisseur individuel qui n’est pas un expert financier, utilisez les tendances comme filtre d’entrée, pas comme religion. Un stop-loss est l’ami de toute tendance.

“Don’t fight the Fed” : le maître des marionnettes

La banque centrale des États-Unis, la Federal Reserve, appelée la Fed pour faire simple, a une énorme influence sur les marchés financiers. Ses décisions sur les taux directeurs en US Dollar impactent les bourses du monde entier. Lorsqu’elle relève les taux et resserre les vis, les actions toussent. Quand elle devient plus accommodante et qu’elle souhaite stimuler l’économie en coupant ces mêmes taux, c’est Noël avant l’heure. Taux bas = valorisations gonflées = bull market. Il s’agit donc de ne jamais prendre de positions qui vont à l’encontre de la tendance que la Fed souhaite donner à ses taux directeurs.

Statistiquement, le conseil est implacable : 80% des hausses majeures coïncident avec du “Fed put”. 2022 l’a rappelé durement. Mais il faut nuancer, car la Fed ne fait pas tout. Profits, tensions géopolitiques, et inflation peuvent contrer son sillage.

Notre prisme ? La politique monétaire fixe le décor. Et celle des États-Unis pèse particulièrement lourdement sur l’économie mondiale. Donc oui, il est pertinent de suivre les déclarations et les orientations de la Fed. Mais ce n’est qu’un facteur parmi d’autres à prendre en compte dans votre stratégie de placement.

“Wall of worry” : haussier malgré les nuages

“Bull markets climb a wall of worry.” Les indices grimpent alors que la presse diffuse des nouvelles catastrophiques. Guerre, récession, scandales : selon cet adage, le mur d’inquiétude est l’escalier qu’empruntent les marchés haussiers.

L’observation est plutôt vérifiable dans la pratique, historiquement. Cela est dû au fait que les marchés boursiers reflètent les anticipations des investisseurs, et non pas l’environnement économique et politique actuel. Autrement dit, les marchés ont typiquement 6 à 12 mois d’avance et se focalisent sur les profits futurs, la sortie de crise, la fin de la guerre. 

Mais gare au trop de confiance, trop d’espérance et la vision du monde à travers des lunettes trop roses. Certains murs s’avèrent être des falaises.

Le verdict des chiffres : mi-figue, mi-raisin

Quand nous avons analysé (avec l’aide de l’IA) l’impact des différentes stratégies d’investissement qui découlent des adages ci-dessus, les statistiques sont assez parlantes.

  • Sell in May and go away : sur des périodes longues, cette stratégie aurait délivré une surperformance de 1% à 2%, mais cet avantage théorique est rapidement érodé par les frais associés aux sorties et opérations de réinvestissement.
  • Buy when there’s blood in the streets : en investissant en pleine “crise”, sans surprises, un investisseur aurait réalisé une surperformance de +15% annualisé, selon une étude de J.P. Morgan. Mais cette même étude souligne combien il est difficile voire impossible de définir le point le plus bas, et combien il est dangereux de rester à l’écart du marché en attendant le point le plus bas, car les meilleures performances boursières quotidiennes surviennent typiquement à la fin d’une correction ou d’un krach de marché.

  • The trend is your friend : cette stratégie rencontre la même difficulté que la précédente. Une fois qu’un investisseur individuel a identifié une tendance (haussière ou baissière), il est souvent trop tard pour en profiter. En effet, des traders et autres fonds institutionnels possèdent des ordinateurs très puissants qui tournent 24 heures sur 24 avec pour seul but d’identifier des tendances le plus tôt possible, afin de prendre position automatiquement et très rapidement pour en profiter.

  • Don’t fight the Fed : il y a une corrélation élevée, de l’ordre de 85%, entre des phases de marché bullish et une politique monétaire accommodante de la Fed. Mais attention, les marchés boursiers ont tendance à anticiper les changements de politique monétaire. Et, pour rendre les choses encore plus complexes, ces anticipations ne sont pas toujours justes. Donc tenir compte de la position de la Fed est pertinent pour n’importe quel investisseur. En faire sa boussole unique est bien plus dangereux.

  • Bull markets climb a wall of worry : là aussi, statistiquement l’adage fait sens. 90% des marchés haussiers poursuivent leur hausse alors que l’inquiétude sur l’environnement se justifie de plus en plus. Jusqu’au moment … où il ne monte plus. Or, la durée précise du prolongement d’un marché bull dans un contexte qui se détériore varie énormément, d’un marché haussier à un autre. 

En conclusion, les adages sont plutôt justes en moyenne, mais piégeux en exécution. 

Alors, les adages financiers, utiles ou pas ?

Il nous semble que chaque maxime financière mérite d’être considérée parce qu’elle souligne des dynamiques et des références de marché qui sont utiles à connaître et comprendre. Comme ils sont faciles à retenir, cela peut aider les investisseurs à mieux saisir ce qui influe sur les conditions de marché et l’évolution des prix.

Il s’agit donc de signaux à observer. Mais pas d’outils de décision d’investissement. La distinction est importante.

Une décision d’investissement doit être fondée sur un ensemble d’éléments qui doit prendre en compte le contexte de marché (que se passe-t-il dans le monde ?), les éléments qui sont spécifiques à l’actif en portefeuille (que se passe-t-il chez l’entreprise cotée à laquelle je m’intéresse ? Ou, si je suis investi dans un fonds Santé, que se passe-t-il dans le secteur de la pharmacie ?), et que penser de la valorisation de l’actif ?

Le tout rapporté à votre profil d’investisseur, votre horizon de placement, votre stratégie d’investissement plus globale et votre objectif financier. Sans oublier que 80% des erreurs sont le fruit de décisions prises sous l’effet de l’émotion.

Pour faire simple, la discipline bat - de loin - le dicton.

Chez Cashbee, on préfère les méthodes simples aux maximes faciles. Un portefeuille diversifié qui correspond à votre personnalité et vos convictions, investi sur plus de 10 ans et qui bénéficie de contributions mensuelles fixes, quelles que soient les conditions de marché, est, selon nous, le moyen le plus solide pour un épargnant individuel (non-professionnel) d’atteindre ses objectifs financiers. 

Vous souhaitez en parler ? Ça tombe bien, nos conseillers sont là pour ça.

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