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Les marchés émergents flambent… mais pas pour les raisons que l’on croit

Publié le :
12.05.2026
Mis à jour le :
12.05.2026

Depuis avril, les marchés émergents ont surpris tout le monde en affichant une performance spectaculaire, alors même que le conflit en Iran nourrit l’incertitude géopolitique. Mais derrière la hausse globale se cache une réalité très concentrée : une bonne partie de cette performance est portée par trois géants des semi‑conducteurs asiatiques. Ce cas d’école montre à quel point un ETF “marchés émergents” n’est pas automatiquement une diversification, mais un pari très précis sur la domination de l’Asie dans l’IA mondiale.

Un rally contre-intuitif

Depuis le début d’avril, l’indice MSCI Emerging Markets a gagné environ 15%, dépassant même le rebond du S&P 500 (autour de +10% sur la même période). Pour beaucoup d’investisseurs, c’est un contresens : dans un contexte de conflit au Moyen‑Orient, de hausse des prix de l’énergie et de tensions commerciales, on attend plutôt une prudence accrue. Dans la logique, les investisseurs auraient donc dû se détourner des marchés émergents, réputés plus volatils.

Pourtant, les émergents sont justement en tête. Cela ne doit pas être lu comme une simple “envie de risque” du marché. Il y a, sous le capot, une logique beaucoup plus précise.

Trois acteurs, la moitié de la performance

Le plus étonnant dans ce mouvement, c’est sa concentration. En réalité, une part très importante de la hausse d’avril provient de seulement trois entreprises :

  • TSMC (Taïwan),
  • Samsung Electronics (Corée du Sud), et
  • SK Hynix (Corée du Sud).

Ces trois géants des semi‑conducteurs ont vu leur capitalisation boursière exploser :

  • TSMC a gagné plus de 20% sur le mois,
  • Samsung a progressé de plus de 30%,
  • SK Hynix a bondi de plus de 60%.

À elles seules, ces trois valeurs représentent désormais une part considérable de l’indice MSCI Emerging Markets, qui est pourtant exposé à des valeurs boursières de 24 pays émergents différents. Concrètement, près de la moitié de la performance mensuelle de l’indice peut être attribuée à ces trois titres seulement.

Dans la pratique, ce n’est plus un rally “émergents”, c’est un rally des usines à puce.

L’IA comme moteur caché des émergents

Pourquoi cette envolée aussi marquée ? Parce que TSMC, Samsung et SK Hynix alimentent directement la révolution de l’intelligence artificielle et jouent un rôle déterminant dans la chaîne de valeur autour de la thématique IA. Les mastodontes américains de la tech - Microsoft, Google, Amazon, Meta - investissent des centaines de milliards de dollars dans leurs infrastructures d’IA : data centers, serveurs, puissance de calcul, réseaux. Et pour faire tourner tout cela, il faut des puces. Beaucoup de puces. Des puces de plus en plus évoluées.

Or le monde de la fabrication de puces est aujourd’hui dominé par Taïwan et la Corée du Sud, où se trouvent les entreprises expertes dans ce domaine. La Bourse taïwanaise est en passe de réaliser son meilleur mois en plusieurs décennies (plus de +25% en termes de dollars), tandis que l’indice coréen Kospi a gagné 24% en un mois, un record depuis la crise financière asiatique de 1998.

Autrement dit, le “marché émergent” ne monte pas par magie. Il monte parce que la chaîne de valeur asiatique des semi‑conducteurs est au cœur de la stratégie mondiale d’IA, et que cette thématique est au cœur des convictions des grands investisseurs institutionnels.

Une diversification… en trompe‑l’œil

Sur le papier, l’indice MSCI Emerging Markets couvre 24 pays : Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud, Indonésie, Turquie, Mexique, etc. Le message est séduisant : un seul ETF, un portefeuille géographiquement diversifié, une exposition aux moteurs de croissance du monde en développement.

En pratique, la réalité est beaucoup plus concentrée. Taïwan pèse désormais près d’un quart de l’indice (environ 24–25% selon les sources récentes). La Corée du Sud représente autour de 18–19%. Ensemble, Taïwan et la Corée du Sud occupent près de 44% du MSCI Emerging Markets.

Derrière l’étiquette “marchés émergents”, on se retrouve donc plus spécifiquement exposé à :

  • une géographie relativement limitée (Asie de l’Est),
  • un secteur très précis (high‑tech / semi‑conducteurs),
  • un thème économique central : l’intelligence artificielle.

Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, mais c’est très différent de la “diversification neutre” que beaucoup d’épargnants imaginent en achetant un ETF Marchés Émergents. Il est donc important de le savoir.

Tous les émergents ne partagent pas la fête

Le plus instructif dans ce rally, c’est ce qu’il masque.

Les marchés émergents ne montent pas tous ensemble. Les pays plus exposés aux importations de pétrole ont été durement touchés par la hausse des prix de l’énergie consécutive au conflit en Iran. Certaines places boursières, comme l’Indonésie ou les Philippines, restent encore nettement sous leurs niveaux de fin février, avec des baisses pouvant dépasser 16%.

Un indice agrège tout cela, mais il ne l’efface pas. Les chiffres globaux donnent l’illusion d’un mouvement homogène, alors que la réalité est très segmentée.

L’investissement indiciel via ETF : simple, mais peut cacher des biais invisibles

L’investissement indiciel est une excellente idée pour beaucoup d’épargnants, qui y voient un moyen simple pour prendre des expositions diversifiées sur des classes d’actifs et des thématiques diverses. 

Ainsi, sur le papier, un ETF MSCI Emerging Markets offre :

  • un accès simple à 24 pays qui sont en plein développement (et qu’un investisseur européen aurait du mal à suivre à distance au quotidien, ne serait-ce que pour des raisons de décalage horaire et de langue),
  • une diversification apparente par secteur et industrie,
  • des frais très bas par rapport à un fonds géré activement.

Mais cet exemple montre aussi les limites de l’investissement indiciel et des ETF.

En achetant un ETF sur ce grand indice des Marchés Émergents, vous ne prenez pas seulement une option sur la croissance de l’Inde, du Brésil ou de l’Afrique du Sud. Vous vous exposez surtout à :

  • la concentration pays autour de Taïwan et de la Corée du Sud,
  • la concentration sectorielle autour de la tech et des semi‑conducteurs,
  • la thèse économique de “l’IA comme moteur central” de la prochaine décennie.

C’est un pari très intéressant - potentiellement très rentable -, mais qui est plus concentré que ce que l’épargnant individuel pourrait croire et plutôt corrélé à l’évolution et à la santé des géants de la tech américains. 

Autrement dit, un portefeuille constitué d’un ETF NASDAQ, qui réplique l’évolution des sociétés technologiques aux US, et d’un ETF MSCI Emerging Markets, serait très peu diversifié, les actions incluses dans les deux indices dépendant très fortement du sentiment de marché vis-à-vis de l’IA.

Opportunité réelle, les yeux ouverts

Soyons clairs. Selon nous, les marchés émergents restent une classe d’actifs pertinente dans un portefeuille. Ils offrent du potentiel de croissance, de dynamiques démographiques robustes et des accès à des économies difficiles à suivre individuellement et à distance.

Mais ce printemps 2026 rappelle une leçon simple : un ETF n’est pas neutre. Il reflète les concentrations, les biais et les dépendances du marché à un instant donné.

Aujourd’hui, un ETF MSCI Emerging Markets n’est pas seulement une porte d’entrée vers “les pays en développement”. Il est surtout un ticket d’accès à la domination de l’Asie dans la chaîne de valeur mondiale de l’intelligence artificielle.

C’est un excellent outil, à condition de savoir ce que l’on achète vraiment. Vous voulez en savoir plus sur les ETF et comment on peut les combiner pour obtenir une réelle diversification ? Contactez nos conseillers, ils sont là pour ça !

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