TINA ou pourquoi nous prenons des risques un peu malgré nous

Sep 22, 2021

Le FOMO : la peur de rater...

Les traders Anglo Saxons adorent les abréviations, pour leurs produits, mais aussi pour les tendances de marché.

Pour expliquer la hausse relativement constante des cours de bourse depuis une décennie, ils ont d’abord inventé le FOMO ou le Fear Of Missing Out, c’est-à-dire la peur de passer à côté d'une bonne affaire. Pour celui qui souhaite placer de l’argent, la règle est d’investir massivement en actions maintenant. Car à force de trop attendre, on passe à côté d’une performance largement positive. “Moi aussi, j’ai envie d’en profiter.”

Sur les douze derniers mois, l’indice du CAC40, la référence pour les grandes valeurs françaises cotées, affiche une performance de +34%. Ceux qui hésitaient en janvier s’en mordent les doigts.


...Ou d’être moins bon que les autres 

Il faut aussi se rappeler que les performances des gestionnaires de fonds s’évaluent relativement à celles des autres, ainsi que par rapport à un indice de référence, comme le S&P500 (pour les fonds actions US). 

Garder une part importante de l’argent à investir en liquidités parce qu’on anticipe une correction de marché devient alors une stratégie “risquée”, à sa manière. 

En effet, tant que le marché continue de monter, le gestionnaire défensif devra accepter de sous-performer l’indice et, pire, ses petits camarades ayant adopté des stratégies d’investissement plus agressives. À la longue, il risque de voir ses clients partir vers des gestionnaires aux performances supérieures.

“There is no alternative”

Mais cette peur de passer à côté de la performance du marché, le fameux FOMO, est aujourd’hui amplifiée par le manque d’alternatives. C’est maintenant le moment de vous parler de TINA.

Prenons le cas du gestionnaire prudent ou pessimiste. Il anticipe une correction de marché (qui finira d’ailleurs toujours par arriver). Il réduit donc son exposition aux actions, prends quelques bénéfices au passage et attend patiemment la correction. Son idée est évidemment de réinvestir en actions, une fois l’orage passé, à des prix plus bas. En théorie, cette approche est parfaitement rationnelle, mais dans la pratique il y a un problème : que faire de ses liquidités en attendant le déluge ?

Les taux d’intérêt au plus bas

Dans le monde d’avant, souvenez-vous, les taux d’intérêt étaient largement positifs. En 2001, le taux du marché monétaire se situait autour de 3% et l’État français émettait des obligations à 10 ans affichant un rendement autour de 5%. Deux options pertinentes pour l’investisseur disposant de liquidités qu’il souhaitait tenir à l’écart du marché actions, en attendant un meilleur point d’entrée.

Aujourd’hui, ces deux alternatives offrent des rendements respectifs de -0,54% et de +0,05% !

Un coût d’opportunité très élevé

On comprend bien pourquoi se tenir à l’écart du marché est coûteux.

Si le marché action monte de 7,8% en un an (la moyenne sur les 3 dernières décennies) et que vous avez placé la moitié de votre épargne “en attente” sur des produits monétaires à 3%, votre portefeuille aura pris 5,4%, car (0,5 * 3%) + (0,5 * 7,8%) = 5,4%. Vous aurez donc sous-performé l’indice de 31%, qu’on obtient en divisant 5,4 / 7,8 = 0,69. Pénible, mais ça passe.

Mais si dans le même scénario vos liquidités ne rapportent plus 3% mais -0,54%, votre rendement moyen chute à 3,63%. Le portefeuille sous-performe désormais l’indice de référence de 53%. Un manque à gagner douloureux et, si on est gérant, une raison suffisante pour se faire convoquer par la direction qui demandera des explications. 

C’est la raison pour laquelle “There Is No Alternative” : il faut investir en action. Non pas car c’est la meilleure stratégie, mais parce que c’est d’une certaine manière la seule valable. Épargnants et gérants sont en quelque sorte forcés de rester investis.

Comment éviter TINA ?

Faut-il la combattre ou simplement vivre avec ?

Si votre horizon de placement est très lointain, il ne faut pas forcément s’y opposer. Après tout, la tendance de fond a été, et restera probablement haussière sur une échelle de plusieurs dizaines d’années. Oui, il y aura des périodes difficiles, mais elles ne seront douloureuses que sur le court terme. Il vous suffira de ne pas paniquer quand elles se produisent et de garder le regard fixé sur l’horizon.

Dans le même temps, TINA ne devrait pas nous empêcher de réfléchir à des stratégies de placement innovantes, qui tiennent compte du contexte actuel et notamment des taux d’intérêts historiquement bas. Car une correction de marché aura bien lieu un jour. Et statistiquement, après une décennie quasi-ininterrompue de hausse du marché actions, nous en sommes aujourd’hui plus proches qu’hier.

Il nous semble que deux idées méritent réflexion.

Les comptes rémunérés

La première est de chercher le meilleur support pour vos liquidités en attente de réinvestissement. Car même dans un environnement de taux négatifs, il existe encore quelques poches qui permettent de générer un taux légèrement positif permettant de minimiser le coût d’opportunité. 

Pour les particuliers, nous pensons notamment au Livret A (qui verse 0,50% dans la limite de 22 500 euros par personne), le fonds Euros en assurance-vie, dont le capital est garanti et qui verse environ 1% et bien sûr le compte d’épargne à vue rémunéré proposé par Cashbee, qui verse 2% pendant 3 mois*, puis 0,6%.

Les fonds Long/Short

La seconde est de considérer un placement dans des fonds “Long / Short”. Contrairement aux fonds actions classiques qui ne font qu’acheter des actions (ils se mettent “long”), un fonds long/short investi en achetant certaines actions (le côté “long” du fonds), tout en vendant simultanément d’autres actions (le côté “short” du fonds).

Ainsi, plutôt que de prendre une exposition au marché dans son ensemble, le fonds long/short a pour objectif d’identifier les meilleurs acteurs dans un secteur (dont il va acheter les actions) et de les distinguer des canards boiteux (dont il va vendre les actions).

Un fonds long/short pourrait par exemple décider d’acheter des actions de Nestlé et de Heineken, estimant que ces deux acteurs sont susceptibles de gagner des parts de marché et croître fortement. Et vendre au même moment des actions d’Unilever et de Danone, si son gérant anticipe que ces deux sociétés seront moins performantes. 


La performance du fonds long/short est donc ainsi largement immunisée des variations du marché dans son ensemble, et dépend très largement de la performance relative des actions acquises, par rapport à celle des actions vendues (ou “shortées” dans le franglais des traders).

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