Retour sur la COP 26 - une histoire de gros sous !

Nov 16, 2021

C’est quoi déjà la COP 26 ?

À moins de vivre en autarcie totale, il était difficile d’éviter le sujet à la télévision ou dans la presse ces dernières semaines. Mais si nous en avons tous entendu parler, on ne sait pas tous ce qui se cache derrière cet (énième) acronyme. L’occasion de revenir sur l’événement.

COP veut dire Conférence des Parties. Le chiffre 26 est le numéro de l’édition, la 26ème donc, depuis sa création en 1995. Le lieu de la conférence change à chaque fois et c’était au tour de Glasgow de recevoir les représentants de pas loin de 200 pays. Ces délégués se sont donc réunis pendant plusieurs semaines pour faire le point sur la lutte contre le réchauffement climatique, et décider de la meilleure façon d’aller de l’avant.

Sauver la planète : objectif louable, exécution défaillante

Tout commence avec un exploit historique

Il ne fait aucun doute que l’enjeu climatique est l’un des plus importants de notre temps, et donc que la COP a toute sa place dans l’agenda politique mondial. Malgré cela, mettre d’accord 200 nations sur des objectifs et une ligne de conduite communs relève de l’exploit.

C’est en 2016, lors d’une conférence célèbre (la COP 21), que les pays participants ont enfin trouvé un compromis, résumé dans les fameux Accords Climatiques de Paris. Cet accord fixe l’objectif commun de limiter le réchauffement climatique a moins de 2° et idéalement à moins de 1,5° par rapport aux niveaux préindustriels. Un tour de force diplomatique, quand on sait que certains signataires des accords (dont la Chine, les États-Unis, les pays développés en Europe et les pays émergents en Afrique et en Asie) ont des agendas domestiques qui divergent forcément.

Cinq ans plus tard, la COP 26 était l’occasion de faire le point.

Un bilan très mitigé

Parmi les objectifs de l’Accord de Paris, il était convenu que les signataires réduiraient leurs volumes d’émission de gaz à effet de serre d’au moins 45% avant 2030, par rapport aux niveaux de 2010. Tout ceci, jusqu’à atteindre la neutralité carbone à horizon 2050.

Seulement voilà, selon un rapport des Nations Unies, le volume d’émission de CO2 est reparti à la hausse. Au rythme actuel, il aura augmenté de 16% d’ici 2030. Toujours selon ce rapport, une telle hausse de gaz à effet de serre conduirait à une augmentation des températures de presque 3°C. Soit quasiment le double du fameux 1,5°C visé.

Les conséquences d’une telle hausse des températures seraient désastreuses et irréversibles pour la planète. Sur ce constat aussi, pas trop de débats. Il faudra donc que la communauté internationale redouble d’efforts pour renverser la tendance.

La lutte contre le réchauffement climatique coûte cher

Pourquoi les nations n’arrivent-elles pas à tenir le cap fixé ? Notre but n’est pas d’entrer dans des argumentations technico-politico-diplomatiques pays par pays, mais il nous semble qu’une des explications est à chercher du côté du financement de cet effort.

Selon l’Agence Internationale de l’Énergie, il faudrait 4000 milliards de dollars par an, d’ici 2030 pour décarboner l’économie mondiale. Les sommes à investir sont colossales.

Qui paye ?

Tomber d’accord sur un objectif à Paris en 2016 était une prouesse. Aujourd’hui, les deux-tiers de l’économie mondiale se donnent officiellement pour objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Mais force est de reconnaître qu’il est plus facile de s’aligner sur l’objectif que de s’accorder sur la distribution équitable des coûts associés à cet objectif.

Les pays riches vs le reste du monde

Les pays en voie de développement soulignent depuis longtemps que les nations développées ont bâti leur richesse sur l’industrialisation très polluante de leurs économies. Il leur paraît donc logique que ces nations riches prennent leurs responsabilités pour contribuer financièrement à la réduction des niveaux d’émission des gaz à effet de serre dans les pays moins fortunés.

En 2009, il fut donc décidé lors de la COP 15 que les pays riches fourniraient 100 milliards de dollars par an afin d’aider les pays en voie de développement à lutter contre le réchauffement climatique. Cet engagement n’a pas été tenu. En 2019, la somme réellement fournie était inférieure à 80 milliards de dollars.

Pire, la proposition des pays en voie de développement de créer un nouveau système opérationnel de financement a été bloquée à Glasgow. Notamment par les États-Unis qui craignent les implications juridiques d'un tel engagement. Le compromis adopté fait référence à un "dialogue" annuel jusqu'à 2024 pour "discuter des modalités pour le financement des activités". Autrement dit : les parties se sont mises d’accord sur le fait qu’elles se mettraient d’accord plus tard.

L’indépendance énergétique vaut cher aussi

L’industrie du charbon dans le collimateur

Le charbon est encore aujourd’hui responsable de 45% des émissions de CO2. Le remplacement de cette ressource énergétique pourrait à elle seule changer la donne.

Des progrès en la matière ont été réalisés, car les pays du G7, la Chine y compris (pour ne pas dire en tête), se sont accordés à ne plus financer les centrales au charbon à l’étranger.

Mais cela autorise pleinement malgré tout les pays producteurs de centrales au charbon à financer cette activité polluante sur le sol domestique. Pas facile de programmer l’arrêt de toute une industrie qui emploie beaucoup de monde et qui peut assurer l’indépendance énergétique d’un pays. Particulièrement quand on connaît les enjeux de la crise énergétique actuelle.

Un accord de dernière minute très dilué

Avant la conférence de Glasgow, tout le monde espérait l’annonce d’engagements forts sur une sortie totale du charbon. Après des objections de dernière minute de la Chine, de l’Inde et de l’Arabie Saoudite, le texte final ne fait qu’appeler les pays participants à "intensifier les efforts vers la réduction du charbon sans systèmes de capture (de CO2) et à la sortie des subventions inefficaces aux énergies fossiles".

C’est mieux que rien, mais il est très difficile de déterminer avec précision ce que constitue une “subvention inefficace”. On peut donc comprendre la grande déception d’Alok Sharma, le président de la COP 26, qui, visiblement ému, a déclaré être “profondément désolé” de ce dénouement.

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