Le bestiaire de la finance

Le bestiaire de la finance

En finance, tous les animaux ont leur place (ou presque)

Quelques semaines dans une salle de marché suffisent pour s’y habituer, les références aux animaux font partie du langage courant. Notamment en anglais : les Bulls s’opposent aux Bears, les obligations Panda s’affichent aux côtés des obligations Kangourou. Les noms d’oiseaux volent, littéralement, autant que les noms d’animaux mythiques, comme les Licornes ou les Dragons.

Quand on s’appelle Cashbee, on se sent obligé d’expliquer ces références aux non-initiés. En espérant que ce court lexique vous fera sourire. Car ça aussi, nous vous l’avions promis :la finance peut être ludique !

Les mammifères terrestres bien placés

Bull et Bear (Taureau et Ours)

Nous traitons les taureaux et les ours ensemble, car ils vont de pair (en finance, je précise). Les Bulls sont les acteurs de marché qui pensent que les marchés sont orientés à la hausse. Leurs commentaires positifs sont d’ailleurs décrits comme “bullish”. À l’inverse, les Bears voient le verre à moitié vide, et estiment que le ciel va nous tomber sur la tête. Ils nous annoncent les nombreux risques à l’horizon, qui pourraient peser sur les cours de bourse, à travers leurs commentaires “bearish”.

Dog (Chien)

La référence canine désigne un actif financier spécifique, comme par exemple une action, une obligation ou un fonds donné, qui a livré la pire des performances financières dans sa catégorie. Le gestionnaire de fortunes Tilney Bestinvest s’amuse d’ailleurs tous les ans à élire publiquement les “Dog of the Year”, en nommant les fonds ayant généré les pires performances de l’année. Pour montrer sa conviction en la matière, il est d’usage de parler d’un “total dog”, ou en mauvais franglais d’un chien total, lors que l’on pointe du doigt une émission d’actions ou d’obligations qui n’a pas trouvé preneur et dont le cours baisse fortement, immédiatement après sa cotation initiale.

Les Pandas et les Kangourous

Nous sommes maintenant dans le domaine obligataire. Lorsque les émetteurs d’obligations ont commencé à vouloir lever de la dette en devises étrangères, les financiers ont inventé des noms pour désigner cette dette “étrangère” levée auprès d’investisseurs “domestiques”. Ainsi, des sociétés étrangères qui viennent solliciter des investisseurs Chinois en émettant de la dette libellée en Yuan, lancent des Panda bonds. Vous l’aurez compris, les Kangourou bonds sont des titres de dette libellés en Dollars australiens, placés auprès d’acheteurs australiens. Voir aussi Dragon, ci-dessous.

L’univers marin n’est pas en reste

Le Requin

La référence est connue, mais il ne fallait pas l’oublier. Ce terme décrit bon nombre de banquiers et de traders (mais pas que), avides de profit et toujours prêts à exploiter la moindre opportunité.

La Baleine

C’est le nom donné aux individus qui prennent de telles positions tellement énormes qu’elles suffisent à influer sur le cours de l’actif ciblé. En 2012, Bruno Iksil, trader chez JP Morgan, fut ainsi démasqué comme le “London Whale” qui pendant un temps dominait le marché complexe des dérivés de crédit. Jusqu’au jour où ses tactiques agressives ont fait perdre des milliards à sa banque, plus une amende de près d’un milliard de dollars, pour punir un manque de contrôle des risques. Aujourd’hui les Bitcoin Whales sont sur le devant de la scène, le plus connu étant le très mystérieux Satoshi Nakamoto, l’inventeur du Bitcoin. Car cette poignée de propriétaires de Bitcoin pourraient influer le cours de cette crypto monnaie, étant donnée la proportion importante qu’ils en détiennent individuellement.

Le “Bottom Fisher”

Il ne s’agit pas d’un poisson en tant que tel, mais plutôt d’un type de pêcheur. Ils sont nombreux en finance, car le terme désigne un investisseur qui cherche des bonnes affaires parmi les actions dont les cours ont récemment fortement baissé. Le Bottom-Fisher croit que la correction est temporaire ou qu’une mauvaise nouvelle récente a donné lieu à une réaction exagérée, et qu’un rebond du cours est donc imminent.

Les oiseaux, peu nombreux, jouent un rôle crucial

Dove et Hawk (la Colombe et l'Aigle)

Ces deux oiseaux sont à l’opposé du spectre de la politique monétaire. Les hawks sont ceux qui souhaitent lutter contre l’inflation avant tout. Cela passe typiquement par des taux d’intérêt élevés, qui freinent la croissance économique et évitent qu’elle puisse s’emballer. À l’inverse, les doves, sont plus accommodantes et favorisent la stimulation de l’économie, à travers une politique de taux bas. Autant dire que récemment, les colombes l’emportent largement sur les aigles. Nous précisons au passage que les “pigeons” en France, désignent ceux qui se font avoir, et - financièrement - plumer.

Même les animaux imaginaires ont leur place !

La Licorne

En tant que fondateurs d’une jeune FinTech, nous devions la mentionner. La licorne désigne une jeune entreprise dont la croissance est tellement fulgurante qu’elle peut lever des dizaines de millions d’euros pour financer son expansion à des conditions qui lui donnent une valeur d’un milliard d’euros ou plus. En France, les plus connues incluent DoctoLib ou encore BlaBlaCar.

Le Dragon

Un peu à l’image des panda bonds mentionnés ci-dessus, les obligations Dragon désignent un type de titres de dette. Il s’agit d’obligations émises par des entreprises asiatiques, placées auprès d’investisseurs de la même région, mais libellées en devises étrangères (typiquement en US Dollars ou en Euros). Ces obligations ont été inventées pour permettre aux investisseurs domestiques de prêter à des sociétés locales, tout en se protégeant contre le risque de dévaluation de la monnaie locale.

Et les insectes alors ?

Nous avons eu du mal. Mais nous y sommes arrivés. En trouvant deux exemples parlants.

Ant (la Fourmi)

Tout d’abord la fourmi, “ant” en anglais. Ant Group est une des plus grandes FinTech chinoises, anciennement filiale d’Alibaba et propriétaire d’Alipay, le système de paiement le plus répandu en Chine et en forte croissance à travers le monde. Ce qui permet à la fourmi chinoise de collecter énormément de données sur ses utilisateurs et leurs habitudes de consommation. En octobre 2020, la société annonce son souhait de s’introduire en bourse, visant une levée record de 34,4 milliards de dollars. Celle-ci a dû être reportée sur ordre des autorités chinoises.

Cashbee

Vous vous y attendiez non ? Certes, il s’agit d’une race d’abeilles encore peu connue, mais en pleine croissance. Cashbee n’est pas encore rentré dans le langage courant. Mais pourquoi pas un jour ? Après tout, les abeilles assurent 80 % de la pollinisation et donc de la reproduction des plantes et des fleurs. Elles sont travailleuses, bossent en équipe et sont cruciales à notre écosystème. Tout comme le rôle que nous aimerions jouer. Vous faire épargner plus et surtout mieux, vous faire fructifier votre épargne, de façon responsable et durable, voilà les missions que nous nous sommes données. Donc à quand le “T’es une Cashbee ou t’es juste un épargnant dont l’argent ne fait que dormir ?”. Voir le “Wow, t’as eu un super rendement annuel moyen, pour ton profil de risque. Bravo. T’es une sacrée Cashbee !” ?