Doit-on espérer un boom économique post-pandémie ?

May 13, 2021

Les annonces s’enchaînent : dé-confinement progressif à partir du 19 mai, taux de vaccination qui grimpe en flèche. Nous pourrions presque commencer à voir le verre à moitié plein et caresser le rêve de le boire en terrasse avec des amis. Mais cet optimisme peut-il se propager à l’économie toute entière ? Va-t-on vivre une phase d’expansion économique record ?

“C’est la reprise” ?

Tout laisse en effet présager un rebond très net. La croissance économique devrait dépasser les 6% aux États-Unis en 2021, soit 4 points de plus qu’avant la crise sanitaire. En Europe, le FMI espère une croissance de 5% en France et au Royaume-Uni — des chiffres jamais vus depuis la sortie de la Seconde Guerre Mondiale !

Ce qui est encore plus impressionnant, c’est que contrairement à la période d’après guerre, cette reprise concernera beaucoup de pays, en même temps (pas seulement les vainqueurs).

Comment en être certain ?

Ce n’est jamais facile de faire des prévisions. Elles sont d’ailleurs régulièrement révisées ou contestées. Mais l’environnement actuel n’est pas complètement inconnu des économistes. En observant par exemple les périodes qui ont suivi la pandémie du choléra en 1830, ou la fameuse grippe espagnole en 1920, il est possible de dresser des scénarii plausibles, et ainsi de consolider notre hypothèse de reprise économique.

Toutes les périodes de sortie de crise se caractérisent par des niveaux de croissance économique élevés. Il n’y a pas de raison que celle-ci échappe à la règle.

Un boom de la consommation, mais pas que !

La fin de la crise délie (enfin !) le portefeuille

On peut s’imaginer que la liberté bientôt retrouvée poussera soudainement les consommateurs à dépenser beaucoup plus.

Les périodes de crise sont typiquement des phases d’épargne intenses : les gens s’interdisent de dépenser par crainte du futur, ou ne peuvent tout simplement pas le faire car les commerces sont au ralenti. Celle du Covid n’a pas fait exception : les Français ont mis pas loin de 100 milliards de côté de plus depuis mars 2020.

Il y a donc fort à parier que les vannes vont se rouvrir très vite. Pour autant, nous aurions tort de croire que cet excédent de pouvoir d’achat va se déverser en totalité dans l’économie réelle. Dans les années qui ont suivi la Seconde Guerre Mondiale, les consommateurs n’ont dépensé que 20% de l’épargne excédentaire constituée durant la guerre.

Des changements structurels accélérés

Les crises graves encouragent les personnes et les entreprises à tenter des nouvelles expériences, à changer leur façon de consommer, à innover et à prendre des risques. Elles sont souvent le théâtre de changements structurels éclairs, qui auraient mis plusieurs décennies à se produire dans un contexte “normal”.

Le FMI a par exemple constaté que l’adoption de la robotique s’était brutalement accélérée dans les pays affectés par Ebola en Afrique ou le SARS en Asie. À notre petite échelle, nous avons constaté l'appétit grandissant pour constituer et gérer son épargne depuis son smartphone (via l'appli Cashbee par exemple).

Dans un passé plus lointain, en 1919, après le passage de la grippe espagnole, la création d’entreprises avait explosé aux États-Unis. On constate le même effet aujourd’hui : le nombre de start-ups créées est en hausse constante.

Du côté de la consommation maintenant, il est indéniable que le télé-travail ou la livraison à domicile sont des pratiques dont la propagation a explosé depuis le Covid.

Donc tout ira bien ?

Oui, avec un grand bémol quand même. L’étude de ces périodes de l’histoire montre aussi que les grands changements économiques vont de pair avec des ajustements tout aussi majeurs dans la société. Dans « Les Misérables », Victor Hugo décrit précisément la rancœur des Parisiens les plus pauvres envers les plus riches, qui avaient pu fuir la capitale pour éviter l’épidémie du choléra de 1830. La prestigieuse London School of Economics vient de publier une analyse démontrant combien la crise sanitaire actuelle a renforcé certaines inégalité en Europe, et le sentiment de défiance de ceux qui ont le plus souffert, à l’encontre de ceux dont le niveau de vie a rendu leur expérience du Covid plus douce.


Les crises sanitaires du passé ont exposé et parfois accentué les inégalités sociales. En étudiant les effets de 5 pandémies, dont le SARS, l'Ebola et le virus Zika, dans 133 pays depuis 2001, le FMI a observé un accroissement significatif des troubles sociaux et de l’instabilité politique.

Nous allons donc probablement vivre une période faste, mais elle risque d’être mouvementée à d’autres niveaux.



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