Quand vos dépôts à la banque vous coûtent de l’argent

Quand vos dépôts à la banque vous coûtent de l’argent

Les banques sont de plus en plus nombreuses à facturer les dépôts. Dit autrement : si vous y déposez de l’argent, cet argent brûle — lentement certes, mais il brûle. Hérésie totale ? Crime de lèse majesté ? Voici comment et surtout pourquoi les banques vous grignotent le portefeuille.

Le “comment”

Les frais de tenue de compte

Soyons précis : ces frais ne sont associés à aucun service particulier. Il s’agit simplement de ce que la banque vous facture pour garder votre compte ouvert. Un peu comme un ticket de parking si vous voulez. Que vous y laissiez 50 ou 50 000 euros. La banque va vous prélever chaque année le prix de la place. 

Selon l’Observatoire des tarifs bancaires, ces frais ont augmenté de 164% entre 2012 et 2019, pour atteindre 19,11€ par an en moyenne. Ils peuvent considérablement varier d’une banque à l’autre, et évidemment ce sont les banques digitales qui sont les moins gourmandes. Mais certaines enseignes peuvent aller jusqu’à 30€ par an pour la plus chère.

Un rendement négatif camouflé en prestation de service

Prenons l’exemple de Virginie, qui laisse entre 200 et 1200 euros sur son compte courant selon le moment dans le mois. Elle a donc en moyenne 700 euros sur son compte. Un rapide calcul montre que si elle paie des frais de tenue de compte de 19 euros par an, son compte courant lui coûte 19 ÷ 700 = 2,73% par an !

Nous précisons que ces frais excluent tous les autres que la banque pourrait lui facturer, par exemple : les frais de carte bleue, les frais liés au découvert etc. etc.

Les taux négatifs

Mais certaines banques ont adopté une méthodologie encore plus radicale : elles appliquent un taux d’intérêt négatif. Concrètement, ce n’est pas la banque qui vous verse des intérêts, c’est vous qui en versez à la banque ! 

Ce sont les banques danoises, suisses et allemandes qui ont introduit cette facturation inédite pour les dépôts les plus importants (typiquement plusieurs centaines de milliers d'euros). L’année dernière, des banques néerlandaises ont rejoint le mouvement et depuis le début de l’année, la plus grande banque italienne, Unicredit, en fait autant, pour tout dépôt supérieur à 100 000€.

En France, les grandes banques ont avoué y réfléchir, sans être (pour l’instant) passées à l’acte — à l’exception de quelques banques privées comme Lombard-Odier qui facture les dépôts de plus d’un million d’euros depuis octobre 2019.

Si cette facturation des dépôts est loin d’être entrée dans les mœurs, sa banalisation est néanmoins en cours. Certaines néo-banques, qui se réclament pourtant d’être les championnes de l’efficacité bancaire, ont également basculé. Ainsi, depuis le 27 octobre, la néo-banque N26 taxe les dépôts de ses clients supérieurs à 50 000€, au tarif de 0,5% dans l’ensemble des pays où elle est présente (sauf l’Espagne et le Portugal où c’est réglementairement impossible). Cela représente 100€ par an pour un dépôt de 70 000€ par exemple.

Le “pourquoi”

Dans notre perception collective, le système bancaire repose sur le fait que les épargnants prêtent leur argent à la banque, et que cette dernière le prête à son tour, en échange d’intérêts. Les banques gagnent leur vie en empochant la différence entre les intérêts facturés aux emprunteurs (5% dans notre illustration) et les intérêts versés aux épargnants (2%).

C’est pourquoi l’idée de voir son épargne fondre petit à petit a quelque chose de presque choquant. Normalement la banque devrait rémunérer nos dépôts... pas les taxer !

Le contexte actuel bouscule le modèle

  • Les banques centrales et notamment la BCE ont abaissé leurs taux directeurs depuis plusieurs années, en espérant ainsi rendre les emprunts peu chers et dynamiser l’économie. Sauf que voilà : elles ont poussé l’exercice un peu trop loin. Aujourd’hui les taux directeurs en Europe sont négatifs.
  • Mais la croissance économique, qui était déjà molle avant la crise sanitaire, a brutalement diminué. En conséquence de quoi la demande de prêts de la part des entreprises et des personnes physiques a chuté. Dans l’incertitude, nombreux sont ceux qui ont revu ou tout simplement annulé leurs projets d’investissement ou d’achat immobilier.
  • À l’inverse, l’anxiété générale a stimulé l’épargne. Les Français, déjà réputés pour leurs taux d’épargne élevée, ont ainsi considérablement augmenté les montants mis de côté. Entre l’impossibilité de dépenser et la volonté d’en avoir un peu plus sous le pied “au cas où”, le taux d’épargne s’est accru pour atteindre plus de 27% durant le confinement, par rapport à un taux historique de 14% environ.

Dans un tel scénario, les banques reçoivent bien plus de dépôts qu’elles ne font de prêts. On dit qu’elles disposent de dépôts excédentaires. C’est une position confortable pour la banque si cet excédent est relativement modeste. Mais aujourd’hui il peut représenter des dizaines de milliards d’euros pour chaque banque de détail. Or, selon la réglementation, une grande partie de cet excédent doit être déposée auprès de la banque centrale, qui leur applique le taux directeur. Aujourd’hui fixé à -0,50% !

Dit autrement, tous les dépôts que la banque n’arrive pas rapidement à convertir en prêts lui sont facturés 0,50% par la BCE. Et sur plusieurs dizaines de milliards d’euros, ça coûte vite des millions...

Le compte courant, même non-rémunéré devient un poids pour les banques de détail

On peut donc mieux comprendre pourquoi les banques cherchent à appliquer des frais (de tenue de compte) et/ou un taux d’intérêt négatif, aux dépôts qui encombrent leurs bilans et dont elles ne savent que faire. Il ne leur reste plus comme solution que de re-facturer cette charge à leurs clients.

Tant que les taux resteront négatifs — et il y a de grande chances qu’ils le restent un petit moment, vus les plans de relance économique qui sont en train de se mettre en place — la facturation des comptes bancaires risque de devenir de plus en plus courante.

Les comptes rémunérés existent

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe une exception à la règle : les banques spécialisées. En effet, quelques banques ont choisi de ne pas avoir d’agences et ont donc plus de mal à attirer les dépôts suffisant pour fluidifier leur activité de crédit. Elles sont donc disposées à mieux rémunérer les dépôts pour les attirer.

C’est avec une de ces banques (My Money Bank, pour ne pas la nommer) que Cashbee vous permet de connecter votre compte courant. L’opération est simple, rapide et sécurisée. Et vous vous retrouvez en quelques clics avec un moyen gratuit de gagner des intérêts (positifs !).

Ce n’est pas seulement bon pour vous, c’est aussi une bonne nouvelle pour votre banque : vous l’aurez débarrassé de dépôts dont elle ne veut pas. Espérons que cela servira d’argument pour faire baisser vos frais de tenue de compte… qui sait !