Bitcoin, une valeur refuge ?

Jan 25, 2022

Les marchés actions sont fortement chahutés depuis le début de l’année. De nombreux investisseurs cherchent donc à mettre une partie de leur épargne à l’abri, dans les fameuses “valeurs refuges”. Ces actifs dont le prix ne serait pas influencé par les soubresauts de la Bourse. Voilà qu’on aurait trouvé la solution miracle : les bitcoins et autres crypto-devises. Sans juger de l’attractivité générale du bitcoin, cet actif répond-il aux qualités défensives que certains lui prêtent ?

La bourse tangue

Depuis le début de l'année, les marchés actions sont chahutés. Notamment aux Etats-Unis où l’indice S&P500 a perdu 5,7% et le Nasdaq 7,6%, rien que la semaine dernière. 149 des 500 valeurs incluses dans le S&P500 ont décliné de plus de 20% par rapport à leurs niveaux records. 

L’inflation, qui devait être passagère, semble s’installer durablement à des niveaux élevés. Par ailleurs, les résultats annuels de certaines sociétés phares ont déçu. Dans ce contexte, pas étonnant de voir les cours de bourse corriger.

La diversification à la rescousse

Nous soulignons régulièrement l’importance pour un investisseur de diversifier ses placements — dans le langage courant, de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Cette diversification joue à plusieurs niveaux. Le premier consiste à diversifier vos placements au sein d’une même classe d’actifs. Pour ceux qui investissent dans des actions, nous suggérons de constituer un portefeuille d’actions, et de ne pas miser sur une seule entreprise. 

L’exemple de Netflix, une star de la bourse s’écroule

Chez les fameux “FAANGs”, aux côtés de Facebook, Apple, Google et Amazon, figure Netflix. Ce géant technologique a pris une position tellement dominante dans son domaine qu’il est devenu une des valeurs stars de la Bourse américaine. 

Le prix des actions Netflix est ainsi passé de 300 dollars à près de 700 dollars, de janvier 2019 à la fin de 2021. Une sacrée perf ! Mais depuis la fin de l’année dernière, il a fortement corrigé, chutant notamment de 22% en une seule séance, vendredi dernier. Ce jour-là, Netflix revoit radicalement à la baisse ses estimations du nombre de nouveaux souscripteurs qu’elle pense pouvoir attirer dans les trimestres à venir. L’action vaut aujourd’hui moins de 400 dollars. L’investisseur qui aurait misé sur Netflix il y a trois ans serait toujours dans le vert, mais la performance financière de son placement, initialement exceptionnelle, s’est transformée en placement plutôt moyen.

Diversifier de façon sectorielle et géographique

Ce n’est pas parce que le marché a baissé dans son ensemble, que toutes les valeurs qui le constituent ont forcément baissé. 



Comme l’illustre le graphique ci-dessus, ce sont surtout les valeurs technologiques qui tirent le marché vers le bas depuis le début de l’année. Certains secteurs plus traditionnels, comme les valeurs pharmaceutiques ou bancaires résistent beaucoup mieux sur la même période. 

Par ailleurs, les marchés européens ont moins souffert que le marché US. Dit autrement, une diversification sectorielle et géographique peut constituer un premier rempart pour se protéger des chutes brutales.

Diversifier par classe d’actifs

Revenons-en plus spécifiquement à notre problématique de départ. Au-delà de diversifier son portefeuille en actions, vers quelles autres classes d’actifs peut-on se tourner pour diversifier un portefeuille dans son ensemble ?

Les obligations et le cash

Les poches d’investissement les plus fréquemment citées pour constituer un portefeuille diversifié sont — aux côtés des actions — le cash et les obligations.

Le cash présente l’avantage de ne pas perdre en valeur… mais il ne rapporte rien non plus. Il n’est jamais inutile d’en conserver un peu, pour pouvoir saisir des opportunités, mais en avoir trop pèsera forcément sur le rendement moyen de votre portefeuille.

Les obligations attirent par leur (relative) sécurité et par la régularité des revenus qu’elles génèrent. Seulement voilà, les taux d’intérêts étaient jusqu’à présent historiquement bas, et donc les revenus des obligations plutôt modestes. La tendance semble vouloir s’inverser alors que les banques centrales ont publiquement signalé leurs intentions de remonter les taux directeurs pour combattre l’inflation. Mais quand les taux grimpent, le prix des obligations baisse… donc ce n’est pas forcément une si bonne nouvelle que ça. 

La corrélation entre classes d’actifs  

Il existe une limite à la diversification. On voit bien que la persistance de l’inflation et les hausses des taux à venir pèsent autant sur les cours des actions que sur les prix des obligations. Et que les deux marchés (actions et obligataire) auront tendance à évoluer dans le même sens, selon les anticipations des investisseurs sur le sujet.

Dans le jargon des spécialistes, on dit que la corrélation entre les actions et les obligations est actuellement élevée : si on souhaite se protéger contre un déclin possible des marchés actions, il n’est pas certain qu’une diversification obligataire soit le meilleur moyen pour y parvenir.

L’attrait des actifs dits “alternatifs”... dont le Bitcoin ?

Il faut donc aller chercher ailleurs. Historiquement, l’or a par exemple pu remplir le rôle de valeur refuge, tout comme le franc suisse. Mais certains ont récemment estimé que le bitcoin et d’autres crypto-devises pouvaient aussi représenter une option viable en cas de stress sur les marchés financiers.

La correction actuelle des marchés actions nous permet de vérifier si cette thèse est correcte. Il suffit d’observer l’évolution du prix du bitcoin, et de la comparer à celle des marchés actions.

 


Le constat est sans appel. Le cours du Bitcoin a chuté plus fortement que celui des actions, pour tomber à 35 000 dollars, soit son plus bas depuis 6 mois. Le Bitcoin a ainsi perdu presque un quart de sa valeur depuis le début de l’année. Et ce qui vaut pour le bitcoin vaut plus largement pour les autres crypto-devises. Leurs valeurs sont, si vous suivez bien, elles aussi fortement corrélées entre elles.

Le bitcoin, un actif risqué comme un autre ?

On peut donc affirmer que cette classe d’actif en pleine expansion n’est pas pour autant un placement dé-corrélé des marchés actions. 

Cela ne veut pas dire que le marché action dicte l’évolution du cours du Bitcoin non plus. Mais on constate que quand les investisseurs se mettent à vendre des actions afin de réduire leurs expositions aux actifs risqués, cela se traduit également par des volumes de ventes sur la crypto. Le Bitcoin n’immunise pas contre les fluctuations des marchés actions. C’est presque le contraire. À date, statistiquement, son cours suit les mêmes tendances que les marchés actions, de façon exacerbée.

L’importance des fluctuations du prix des crypto-devises, et la vitesse à laquelle ces fluctuations ont lieu, en font un placement volatile. Le Bitcoin est sans nul doute une classe d’actifs risquée, comme les actions.

Mais il se distingue des actions par le fait que les échanges de bitcoin se font sans réelle supervision des instances publiques. Les actions cotées en bourse sont soumises à des règles strictes. Selon la taille de la société, la façon dont les titres s’échangent et la quantité d’informations financières que la société doit publier avec régularité sont définies. Il s’agit de marchés réglementés.

Celui des bitcoins ne l’est pas, presque par principe. Souvenons-nous qu’une des raisons derrière l’invention des bitcoins était justement de créer une monnaie d’échange qui échappe aux banques centrales.

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