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Le décrément : le petit mécanisme qui change (beaucoup) la donne
Vous vous apprêtez à investir dans un produit structuré et vous tombez sur ce mot : décrément. Le document technique parle d'un « indice à décrément fixe de 50 points ». Et là, c'est le flou. Pas de panique - on vous explique tout, simplement.
D'abord, c'est quoi un produit structuré ?
Un produit structuré, c'est un placement financier qui vise un rendement donné, mais dont le versement dépend de l'évolution d'un actif sous-jacent, souvent un indice boursier comme le CAC 40 ou l'Euro Stoxx 50. Dans sa forme juridique, un produit structuré est une obligation (une sorte de reconnaissance de dette), émise par une grande banque, qui y voit un moyen alternatif de financer ses activités. Comme toute obligation, le produit structuré a donc une maturité (par exemple 10 ans), une date finale à laquelle l’emprunteur doit rembourser les investisseurs.
La promesse d’un produit structuré est toujours la même : vous visez un rendement élevé qui se réalisera en cas de hausse des marchés, tout en bénéficiant d'une protection partielle ou totale de votre capital en cas de baisse.
Mais voilà : cet indice de référence n'est pas toujours le vrai CAC 40, ou le vrai Eurostoxx 50 que vous voyez sur vos écrans. Les émetteurs utilisent souvent une version modifiée de cet indice. Et c'est là qu'entre en scène le décrément.
Le décrément, concrètement ?
Le décrément est une soustraction fixe, appliquée chaque année à la performance de l'indice. On retire un montant défini à l'avance - souvent exprimé en points absolus ou en pourcentage - avant de calculer votre gain.
En clair : si l'indice sous-jacent gagne 8 % sur l'année et que le décrément est de 5 %, la performance retenue pour ce produit structuré n'est que de 3 %. Le reste (les 5 %) est capté par l'émetteur pour financer les protections du produit.
Le décrément remplace une autre méthode courante : la réintégration des dividendes. Dans un indice « dividendes réinvestis » (dit Total Return), les dividendes versés par les entreprises incluses dans l’indice sont ajoutés à la performance de l'indice. Dans un indice à décrément, on part d'un indice hors dividendes et on soustrait en plus un montant fixe.
Pourquoi les émetteurs utilisent-ils ce mécanisme ?
Pour vous offrir des protections (garantie du capital, coupon minimum, possibilité de rappel automatique), l'émetteur et le structureur qui conçoit le produit structuré vont devoir acheter des options, des produits financiers complexes qu’on appelle aussi des dérivés. Pour financer ces achats d’option, le structureur a besoin d'une source de financement. Historiquement, il prenait les dividendes versés par les entreprises de l'indice. Problème : les dividendes versés par les entreprises peuvent varier, parfois brutalement, d'une année à l'autre.
Sans décrément, le structureur et l’émetteur vont donc naturellement adopter des vues très conservatrices sur le niveau de ces dividendes. Ce qui réduit mécaniquement la cagnotte dont ils disposent pour acheter des options, nécessaires au produit structuré en cours de conception.
Le décrément apporte de la prévisibilité. Un décrément fixe de 50 points ou de 5 %, c'est une certitude pour l'émetteur - ce qui lui permet de construire des produits avec des protections plus fortes et/ou des coupons plus attractifs.
Performance retenue pour le produit : Performance de l'indice − Décrément = Gain net pour l'investisseur
Un exemple chiffré pour y voir clair
Imaginons un produit structuré sur 6 ans, référencé sur un indice à décrément de 50 points par an. L'indice de départ vaut 4 000 points.
Concrètement, si l'indice « réel » vaut 4 300 points à l'échéance, l'indice décrémenté ne vaut que 4 000 points (4 300 − 300). Pour votre produit, c'est comme si l'indice n'avait pas bougé.
Quel est l'impact selon les marchés ?
L'effet du décrément varie énormément selon ce que fait l'indice. Dans un marché haussier, il réduit votre gain. Dans un marché en baisse, il creuse encore plus la performance de l'indice de référence - ce qui peut pénaliser davantage si votre protection n'est que partielle.
À retenir : Le décrément pèse toujours - même quand les marchés montent. Et si les marchés stagnent, il peut faire paraître l'indice en baisse. C'est pourquoi il faut comparer l'indice décrémenté avec l'indice réel avant d'investir.
Comment l'évaluer avant d'investir ?
La question clé est de comparer le décrément appliqué avec le dividende historique moyen de l'indice. Si le décrément est inférieur au dividende habituel, vous vous en sortez plutôt bien. S'il est supérieur, l'émetteur capte plus que ce que les entreprises auraient reversé.
Décrément vs dividende historique moyen
- Dividende CAC 40 (historique) : 3,7 %
- Décrément à 3 % (avantageux) : 3,0 %
- Décrément à 5 % (coûteux) : 5,0 %
Un décrément de 3 % est avantageux vs le dividende historique. Un décrément de 5 % vous coûte davantage que ce que l'indice aurait naturellement versé.
Ce qu'il faut retenir
Ce que le décrément vous apporte
Il finance des protections solides : garantie du capital, coupons conditionnels, barrières de protection. Sans lui, ces caractéristiques seraient moins attractives.
Ce qu'il vous coûte
Une partie de la performance de l'indice, chaque année, quoi qu'il arrive. Dans un marché peu dynamique, ce coût peut annuler la totalité des gains.
Ce qu'il faut comparer
Le taux de décrément par rapport au dividende historique de l'indice. Si le décrément est inférieur au dividende moyen, c'est une bonne affaire.
Ce qu'il faut demander
Quel est l'indice exact utilisé ? Quel est le niveau de décrément ? Quelle est la barrière de protection ? Ces trois réponses changent tout.
La règle d'or Cashbee : Un produit structuré avec décrément n'est ni bon ni mauvais en soi. C'est un outil. Comme pour tout outil, ce qui compte, c'est de savoir comment il marche - et si les conditions du marché s'y prêtent au moment où vous investissez.
Le concept d’un décrément est relativement complexe, mais il est important de bien comprendre si vous souhaitez dédier une partie de votre portefeuille de placements aux produits structurés.
Nous espérons que cet article vous aide à mieux comprendre cette mécanique, qui caractérise de nombreux produits structurés. Mais nous vous encourageons, en cas de doute, à prendre contact avec nos conseillers. Ils sont là pour ça !




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