Lorsqu'un investisseur opère avec effet de levier, c'est-à-dire qu'il emprunte une partie des capitaux nécessaires à ses transactions, il doit en permanence disposer d'un dépôt de garantie minimal, appelé marge. Ce dépôt sert de coussin de sécurité pour couvrir les pertes potentielles. Dès lors que la valeur des positions en portefeuille se déprécie au point de faire passer ce dépôt en dessous d'un seuil plancher (la marge de maintenance), le courtier déclenche un appel de marge.
L'appel de marge n'est pas une sanction, mais un mécanisme de protection du système financier. Il rappelle néanmoins que toute stratégie à effet de levier suppose une gestion rigoureuse du risque et une surveillance constante de ses positions.
Un exemple chiffré
Supposons qu'un investisseur souhaite acheter pour 10 000 € d'actions. Grâce à l'effet de levier proposé par son courtier, il n'a besoin de déposer que 2 000 € de sa propre poche (soit 20 % de la position) : c'est la marge initiale. Le courtier finance les 8 000 € restants.
Le courtier fixe également une marge de maintenance à 1 200 €, c'est-à-dire le montant minimum en dessous duquel le dépôt de garantie ne peut pas descendre.
Quelques jours plus tard, le marché se retourne et la valeur du portefeuille tombe de 10 000 € à 8 800 €. L'investisseur a donc perdu 1 200 €, et cette perte est intégralement déduite de sa marge, qui passe de 2 000 € à 800 €. Ce montant est désormais inférieur au seuil de maintenance de 1 200 €.
Le courtier déclenche alors un appel de marge. Il demande à l'investisseur de déposer au moins 400 € supplémentaires pour revenir au niveau requis (800 € + 400 € = 1 200 €). Si l'investisseur ne répond pas à cet appel dans le délai imparti, le courtier est en droit de liquider automatiquement tout ou partie des positions pour se couvrir et ce, indépendamment de la volonté de l'investisseur.
Cet exemple illustre bien pourquoi l'effet de levier amplifie non seulement les gains potentiels, mais aussi la vitesse à laquelle les pertes peuvent éroder le capital disponible.







