- L'économie française repasse dans le rouge. Le PIB français s'est contracté de 0,1 % au troisième trimestre 2026, selon la première estimation de l'Insee, après une stagnation au trimestre précédent. Un chiffre décevant, alors que les économistes anticipaient une légère croissance de 0,1 %. Le recul s'explique principalement par la chute des exportations (-1,7 %) et la baisse de l'investissement (-0,6 %). La consommation des ménages résiste néanmoins, avec une progression de 0,4 %. Sur fond de tensions politiques, de taux d'intérêt élevés et de facture énergétique alourdie, cette contraction confirme la fragilité de la reprise économique française.
- L'économie américaine accélère à 3,4 %. À rebours de la tendance européenne, le PIB des États-Unis a progressé de 3,4 % en rythme annualisé au troisième trimestre, contre 2,2 % au trimestre précédent, selon la première estimation du Bureau of Economic Analysis. Cette performance dépasse les attentes des économistes et s'appuie sur la bonne tenue de la consommation, de l'investissement et des dépenses publiques. Elle témoigne de la résistance de l'économie américaine, malgré les tensions commerciales et la hausse des prix de l'énergie. Mais cette vigueur complique aussi la tâche de la Fed, qui doit arbitrer entre le soutien à la croissance et la lutte contre une inflation toujours persistante.
- La tech sanctionnée par les marchés. Les résultats décevants d'Alphabet, maison mère de Google, ont déclenché une nouvelle vague de ventes sur les valeurs technologiques. Le titre a plongé de plus de 12 % jeudi, après des revenus inférieurs aux attentes et surtout un flux de trésorerie disponible négatif de 9,1 Md$, sous l'effet des investissements massifs dans l'IA. Intel a également chuté d'environ 20 %, pénalisé par des perspectives décevantes et la faiblesse de son activité PC. Le Nasdaq a reculé de près de 1,4 % en séance. Derrière ces corrections, une même interrogation : les milliards investis dans les centres de données, les puces et l'IA généreront-ils suffisamment de revenus pour justifier leur coût ?
- 6,3 milliards de dollars envolés chez Binance. La première plateforme mondiale d'échange de cryptomonnaies a subi un incident de sécurité d'une ampleur exceptionnelle, estimé à 6,3 Md$ de transactions non autorisées. Selon les premières investigations, un ordinateur compromis d'un employé aurait permis à un hackeur d'accéder à un système interne et de déclencher les retraits. Binance a temporairement suspendu les dépôts et les retraits. Environ 3 Md$ d'actifs auraient déjà été gelés. La plateforme affirme que les fonds des clients sont protégés et que les pertes seront intégralement couvertes par ses réserves et le fonds SAFU. Cet épisode rappelle néanmoins le risque opérationnel et de contrepartie qui demeure au cœur de l'écosystème crypto.
- Les géants pétroliers engrangent des bénéfices exceptionnels. TotalEnergies a publié un bénéfice net ajusté de 9,1 Md$ au troisième trimestre, en hausse de 127 % sur un an, un niveau inédit depuis début 2022. Le groupe français profite de marges de raffinage historiquement élevées et de la flambée des prix du gaz, dans un contexte de fortes perturbations de l'approvisionnement liées au conflit au Moyen-Orient. Son cash-flow atteint 12,3 Md$ sur le trimestre. La tendance est également visible chez ses concurrents : Shell affiche 10,8 Md$ de bénéfice ajusté, tandis que BP annonce un record de 8,5 Md$. Les grands groupes pétroliers profitent ainsi d'un environnement exceptionnellement favorable, qui leur permet de renforcer leurs bilans et de poursuivre leurs rachats d'actions.
- Christine Lagarde quitte la BCE avant la fin de son mandat. La présidente de la Banque centrale européenne a annoncé son départ pour le 7 février 2027, soit huit mois avant l'échéance de son mandat. Elle explique vouloir retrouver davantage de liberté d'expression pour intervenir sur des sujets économiques et politiques qui dépassent le strict cadre de la politique monétaire. Les règles de neutralité imposées aux dirigeants de la BCE limitent en effet leur capacité à prendre position sur ces questions. Cette décision intervient dans un contexte délicat pour l'institution, confrontée à une inflation persistante, à la remontée des taux obligataires et aux tensions sur les finances publiques européennes. Le choix de son successeur sera particulièrement scruté par les marchés, tant l'indépendance de la BCE demeure essentielle à la crédibilité de l'euro.
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