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Ronaldo pèse sur le marché obligataire !

Nous savons tous que Ronaldo est un des meilleurs joueurs de foot de son temps, et certains diront de tous les temps. Mais voilà qu’il nous donne en plus l’opportunité concrète d’illustrer comment une star du foot peut être valorisante pour son club au delà des buts qu’il marque, et influer favorablement sur le coût auquel ce club se finance.

En effet, Juventus vient d’émettre sa première émission obligataire de son histoire, levant EUR 175 millions de dette, à 5 ans. De façon intéressante, sa rivale Inter Milan avait procédé à une émission de dette pour lever EUR 300 millions à la fin de l’année dernière. Comparons les deux transactions, afin d’analyser l’effet Ronaldo (et profitons-en aussi pour comprendre de façon plus large ce qui influe sur le coût de la dette de différentes sociétés actives dans un même secteur) !

Lorsque des investisseurs considèrent un placement dans une obligation d’une entreprise (c’est-à-dire dans des titres de dette), ils analysent la qualité du crédit de celle-ci. A la différence des investisseurs actionnaires qui ont tendance à se focaliser sur les perspectives de croissance de la société, les investisseurs obligataires tiennent donc avant tout à se faire une idée de la capacité de l’émetteur à payer les intérêts annuels et à rembourser leur dette à l’échéance de l’obligation. Alors quelles sont les assurances que la Juve peut donner sur ce plan ?

Les revenus d’un société constituent évidemment un premier indicateur important. Sur ce plan, le club a une belle histoire à raconter, car ils sont en hausse de 161% sur les 8 dernières années, pour atteindre EUR 402 millions sur la saison 2017/18. En revanche sur le plan de la profitabilité, l’histoire n’est pas aussi rose, car après avoir enregistré un profit d’EUR 42,6 millions pour la saison 2016/17, Juventus a perdu EUR 19,2 millions l’année dernière (sans doute aussi parce que le club a dû dépenser plus de EUR 100 millions pour s’adjuger les services de Ronaldo !). En l’occurrence, le club n’a affiché des résultats positifs que 4 années sur les 13 dernières, et les investisseurs obligataires apprécient généralement beaucoup les profits stables et récurrents.

Focalisons-nous sur la qualité et la diversité des revenus. Celles-ci se sont sans doute améliorées avec l’arrivée de CR7, les premiers 520 000 maillots de la Juventus portant son nom s’étant vendus en moins de 2 mois. Ou encore à la valeur (théorique) de la marque, qui était déjà très importante au regard de l’histoire très longue et riche du club, dont la notoriété internationale n’a fait que croître avec l’arrivée d’un des deux seuls joueurs au monde à avoir remporté le Ballon d’Or à 5 reprises (l’autre, c’est Lionel Messi).

Enfin, il nous semble important de s’intéresser à la stabilité de l’actionnariat, et la capacité de celui-ci de soutenir financièrement la société émettrice de la dette, en cas de besoin. Et sur ce point, la Juventus dispose d’un atout majeur en la famille Agnelli, qui détient la majorité du club depuis de nombreuses années, et est associée au club depuis 1923.

En prenant en compte l’ensemble de ces indicateurs de la qualité du crédit de Juventus, le marché obligataire a donc jugé que son crédit “valait” un taux d’intérêt de 3,5% annuel pendant 5 ans, soit le rendement auquel les obligations ont trouvé preneur en début de semaine. A comparer avec le rendement de 4,7% qu’offrait l’obligation émise par Inter Milan, sécurisée par les revenus du club en provenance de la vente de ses droits audiovisuels et de sponsoring, au même moment, et qui pourtant bénéficie d’une notation officielle de la part de l’agence de notation S&P de BB- (contrairement à Juventus qui elle n’est pas notée).

Le but de cet article n’est pas de recommander une des deux obligations, ni même d’en désigner une comme étant meilleure que l’autre, mais de mettre en évidence certains des facteurs que les investisseurs professionnels en titres de dette prennent en compte afin d’analyser le risque crédit que représente une société. Il est important de noter que ces indicateurs ne sont pas les mêmes que ceux sur lesquels se focalisent les investisseurs en actions. Les premiers se soucient avant tout de la capacité des entreprises à payer les intérêts dûs sur leurs dette, et du remboursement de celle-ci à maturité, les seconds sur le potentiel de croissance du chiffre d’affaires et des profits futurs.

Très schématiquement, et en simplifiant quelque peu, le marché obligataire estime que Juventus est mieux positionné sur ce plan que l’Inter, et lui accorde donc un coût de financement 34% plus bas. Et si on estime que la présence de Ronaldo y est pour quelque chose, alors on ne peut qu’admirer l’influence de ce joueur exceptionnel. Dominer un match de foot c’est sublime, mais peser sur les marchés obligataires, alors là, chez Cashbee on dit bravo !

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