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Epargne : dis-moi pourquoi, et je te dirai comment !

“Ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier” est un vieux proverbe qui est instinctivement compris de tous et recommandé par de nombreux économistes qui mettent en garde contre le placement de la totalité de son épargne ou de son capital dans une même affaire, ou - dans un sens plus large - dans une seule classe d’actifs. Et ce conseil peut être d’autant plus pertinent que l’investissement considéré est perçu comme étant risqué. Est-ce pour autant qu’il faut garder toutes ses économies sur son compte en banque, en restant à l’écart de toute forme d’épargne potentiellement plus rémunératrice mais - par construction - plus risqué ? La réponse négative à cette question peut sembler couler de source, mais il nous semble utile de nuancer cette réponse, en fonction des raisons pour lesquelles vous épargnez, et donc en fonction du type d’épargne que vous souhaitez constituer.

1. Ne prenons aucun risque avec l’épargne de précaution

La première forme d’épargne à constituer est sans doute l’épargne de précaution, qui, comme son nom l’indique est une réserve d’argent vous permettant de faire face aux dépenses imprévues et coups durs inattendus. Sans que cela soit gravé dans le marbre, de nombreux experts et conseillers bancaires recommandent que cette épargne soit au moins égale à trois mois de salaire. Par définition, il faut que cette épargne soit rapidement disponible - excluant donc tout placement à long terme dans des actifs illiquides - et que vous ayez la certitude de récupérer la somme mise de côté dans sa totalité en cas de besoin. Par conséquent, tout placement où le capital pourrait être à risque est inapproprié pour ce type d’économies, et le livret A et les comptes sur livret paraissent alors comme les meilleurs supports. Il ne faut pas s’attendre à des miracles, mais avec un taux fixé à 0,75%, dans la limite de EUR 22 950 sur le Livret A, vous savez que votre argent travaille un peu pour vous, tombe sous le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (ce qui vous garantie d’être remboursé en cas de faillite de votre banque) et demeure disponible à tout instant.

2. L’épargne projet peut rapporter plus, mais ne doit pas être “à risque”

Une fois l’épargne de précaution constituée, l’effort d’épargne peut maintenant se porter sur d’autres objectifs. Nous distinguons d’abord l’épargne à destination d’achats importants à court ou à moyen terme, comme par exemple un canapé, un nouveau lave-vaisselle, les vacances au ski, le mariage de sa fille ou encore l’apport en capital pour l’acquisition d’un appartement, que nous appellerons “l’épargne projet”. A la différence de l’épargne de précaution, l’épargnant qui constitue son épargne projet sait qu’il / elle n’a pas besoin d’avoir accès aux fonds mis de côté pendant une période déterminée : je sais que je veux acheter une nouvelle voiture dans deux ans, ou que je vais devoir régler mes vacances à Ibiza dans 6 mois. Cette possibilité d’immobiliser l’épargne sur une durée définie d’avance permet de considérer des placements (un peu) mieux rémunérés. En effet, les dépôts à terme (“DAT”), offrent des taux de rémunération croissants en fonction de leur échéance, pouvant aller de 6 mois à 2 ans. Il existe également des dépôts à terme progressif, pour des durées d’immobilisation des fonds plus longue, pouvant aller jusqu’à 7 ans. Dans ces dépôts, le taux d’intérêt est revalorisé une fois par an, selon une échelle définie d’avance. Plus vous laissez vos économies sur ce type de compte dans le temps, plus elles vont être rémunérées. Notez que pour ce type d’épargne nous continuons de favoriser des supports sur lesquels les sommes épargnées ne sont pas à risque, car il serait très fâcheux qu’à l’échéance vous ne puissiez pas disposer de la somme requise pour l’achat envisagé.

3. La plus difficile à appréhender, mais peut-être la plus importante : l’épargne longue

Il s’agit sans doute de la catégorie d’épargne la plus difficile à appréhender, notamment pour les personnes relativement jeunes, pour qui des projections sur plusieurs années, voir plusieurs décennies est sans doute difficile. Mais un exemple chiffré très simple démontre que plus on constitue ce type d’épargne tôt, plus elle porte ses fruits, à en devenir ultra-puissante.

Plaçons nous trente ans en arrière, et imaginons deux copains d’enfance, Jean et Pascal, qui ont réussi à épargner la même somme de quinze mille Euros et qui, pour fêter leurs vingt ans, décident de puiser dans cette cagnotte pour acheter leurs premières voitures. Jean, le plus impulsif des deux, acheta une Fiat 500 rouge neuve, dépensant ainsi la totalité de ce qu’il avait réussi à épargner. Pascal, plus timide et prudent, se procura une Fiat 500 (bleue, car moins voyante), mais d’occasion. Il n’a donc dépensé que dix mille Euros, et décida de placer les cinq mille Euros restants sous forme d’épargne longue, pour “plus tard”, sans objectif spécifique.

Cet argent fut placé sur des supports “à risque”, dont la valeur a fluctué au cours des décennies qui ont suivi, augmentant dans la plupart des années, mais chutant, parfois fortement, lors de krachs boursiers par exemple. Malgré cette volatilité, cette épargne a crû à un taux moyen de 6,5%, et Pascal - n’ayant jamais eu besoin de cet argent - a systématiquement réinvesti les intérêts et dividendes perçus.

Jean et Pascal ont aujourd’hui 50 ans. Les deux Fiat 500 ont disparu depuis longtemps, remplacés par des voitures à 5 portes, moins amusantes, mais plus pratiques pour les déplacements en famille. Une différence majeure les distingue : alors que Jean vit relativement confortablement, il ne se permet pas d’extras. Pascal a vu ses cinq mille Euros grossir au fil du temps, et son dernier relevé montre qu’il dispose maintenant d’une épargne d’un peu plus de trente-et-un mille Euros. Et s’il n’y touche pas (en prenant l’hypothèse que le rendement annuel moyen de 6,5% puisse être maintenu), la somme atteindra plus de cinquante-huit mille Euros dans 10 ans. Certes, il y aura naturellement des impôts à payer sur les gains réalisés, mais une telle somme permettra sans aucun doute à Pascal de mettre “du beurre dans ses épinards” et de fêter ses 60 ans avec éclat.

Cette illustration ne devient que plus impressionnante si l’on prend l’hypothèse que Pascal a eu la bonne idée d’épargner 50 Euros de plus, tous les mois. En effet, dans un tel scénario, son épargne atteint maintenant plus de cent-soixante-trois mille Euros (avant impôts) !

Etait-il raisonnable de faire nos calculs sur la base d’un rendement moyen de 6,5% par an ? Non, si nous nous étions restreints à des placements sans risques, tels que ceux décrits dans les premiers paragraphes (compte sur livret, livret A, compte à terme,...). Mais comme cette épargne était volontairement placée à très long terme, sans échéance précise, il est d’évidence approprié de privilégier des supports plus risqués et plus volatils (c’est-à-dire dont le prix peut varier de façon importante) mais fournissant à l’épargnant un potentiel de rendement moyen bien supérieur, sur des durées longues.

Et dans ce contexte, notre hypothès de 6,5% par an n’est pas déraisonnable du tout. En effet, en septembre 2018, le rendement annuel, dividendes réinvestis du l’indice boursier S&P 500 (comprenant 500 grandes sociétés américaines cotées en bourse, et couvrant environ 80% du marché américain) était de:

  • 11,62% sur 40 ans
  • 10,54% sur 30 ans
  • 7,26% sur 20 ans
  • 9,84% sur 10 ans
  • 16,06% sur 5 ans
  • 17,03% sur 1 an

Nous pourrions donc même soutenir que Pascal aurait pu disposer de plus d’EUR 1,2 million sur la base de son simple investissement de départ d’EUR 5 000, s’il avait placé l’intégralité de cette somme dans cet indice boursier, parmi les plus connus et liquides du monde.

Pourtant relativement peu de personnes réfléchissent et agissent comme Pascal. Nous voyons principalement trois obstacles à la constitution de cette épargne complément retraite, pourtant si puissante.

Premièrement, nous reconnaissons qu’il faut un certain niveau de revenu pour pouvoir mettre de côté de l’argent en plus de celle que l’on doit mettre de côté pour constituer son épargne de précaution et/ou son épargne projet. Toutefois, les Français ont plus de 1 000 milliards d’euros qui dorment sur leurs comptes courants et leurs comptes sur livret, auxquels nous pouvons rajouter les montants déposés sur les livrets A et les contrats assurance vie en Euros qui feraient plus que doubler cette somme. Il est difficilement concevable que la totalité de cette gigantesque masse d’argent soit de l’épargne de précaution ou même de l’épargne projet, allouée à des projets spécifiques à court ou moyen terme.

C’est ce qui nous fait penser que ce sont notamment les deux obstacles suivants qui freinent lourdement la constitution d’une épargne longue :

  • L’aversion au risque (culturellement forte en France), et
  • La difficulté de pouvoir (ou vouloir) se projeter sur des durées aussi longues, ce qui est instinctivement compréhensible, mais économiquement irrationnel.

Nous ne prétendons pas d’avoir la solution pour changer les mentalités des épargnants français du jour au lendemain, mais nous sommes convaincus que le moment est opportun pour entamer un effort pédagogique pour aider les Français à épargner plus et mieux, sous l’effet de deux facteurs :

  • L’environnement de taux actuel. Aujourd’hui, les comptes courants ne sont plus rémunérés, et les produits d’épargne les plus sûrs (compte à terme, Livret A, contrat assurance vie en Euros) rémunèrent très peu, creusant l’écart de rendement entre ces produits et les supports d’épargne plus risqués, comme les actions, les fonds diversifiés ou les obligations ;
  • Le débat actuel sur le financement des retraites, l’allongement (inévitable ?) de la vie active, et la réduction du pouvoir d’achat des retraités, qui a fait naître la crainte d’une insuffisance des retraites.

Conclusion

En bref, il existe donc diverses formes d’épargne, toutes importantes, allant de l’épargne de précaution (nécessairement liquide et sans risque), en passant par l’épargne projet (toujours à placer sans risques, mais immobilisée sur des durées prédéfinies) jusqu’à l’épargne longue. S’il est facile de comprendre l’utilité de l’épargne de précaution et projet - il faut pouvoir faire face aux imprévus de la vie et votre nouveau canapé ou le voyage d’études de votre aîné sont des objectifs d’épargne tangibles), c’est bien l’épargne longue qui - sur la durée - est la plus puissante. Plus compliquée à appréhender, il est néanmoins important de la constituer, si possible, car c’est elle qui vous donnera l’indépendance financière et la maîtrise de votre budget que la plupart d’entre nous souhaitent atteindre.

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