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De cadres dirigeants de multinationales à co-fondateurs d’une start-up : les différences clés

En 2017, après vingt ans de loyaux services et à force de promotions successives, Cyril et moi assumions de grandes responsabilités respectivement chez AT Kearney, un des cabinets de conseil en stratégie les plus réputés au monde, et Bank of America Merrill Lynch, une méga-banque américaine. Nous y conseillions les dirigeants des plus importantes institutions financières européennes sur leurs acquisitions, leurs structures de bilan et leurs stratégies digitales. Quelques mois plus tard, nous voici co-fondateurs avec Chaker Nakhli, notre directeur technique, de Cashbee, une entreprise visant à aider les Français à épargner plus et mieux.

Alors que 2019 vient de commencer, nous pensions que le moment était venu de faire un premier bilan des énormes différences entre la vie de cadre supérieur dans des organisations internationales et notre nouveau quotidien d’entrepreneurs, dirigeant une start-up qui cherche à doubler son effectif, afin de dépasser la dizaine d’employés !

Pression

Elle est énorme dans les grandes entreprises comme au sein d’une start-up, mais, dans notre expérience, plus saine et plus importante dans le second cas. En effet, la pression est grande dans les grandes banques d’affaires ou cabinets de conseil : la compétition est féroce pour y entrer et tout aussi grande pour gravir les différents échelons, avant de rejoindre les rangs des Managing Directeurs ou Partners au bout d’au moins 12 ans de carrière intense, avec peu de vacances. Une fois cette promotion ultime obtenue, faut-il encore générer suffisamment de revenus et nouer des relations avec des dirigeants d’entreprises pour pouvoir garder le titre. Sans parler de l’énergie que l’on doit dépenser en interne, officiellement (faire partie et/ou animer le comité de la diversité, le comité des promotions, le comité des risques, …) et officieusement (communément appelé « faire de la politique ») pour rester dans la course hiérarchique et accaparer sa part de l’enveloppe globale des bonus tous les ans.

Mais cette pression n’a rien à voir avec celle que l’on se met en tant qu’entrepreneur. Même si on peut se sentir très impliqué dans la vie de la multinationale dont on est l’employé(e), cela ne peut se comparer avec la responsabilité que l’on a vis-à-vis de ses premiers employés salariés, ses clients et ses premiers actionnaires. Tous croient en vous et vous font confiance pour leur proposer respectivement un projet professionnel épanouissant et une rémunération permettant de profiter de la vie, un service innovant, utile et sans coutures et un retour sur investissement élevé. Notre projet entrepreneurial est bien plus qu’un « job », aussi exigeant soit-il, c’est un sujet qui ne vous lâche jamais. Cela ne veut pas dire que nous y consacrons tout notre temps (nous avons tous les trois une famille qui mérite et nécessite une part de notre attention !), mais des idées ou des urgences liées à Cashbee peuvent survenir à tout instant et une partie de notre subconscient reste en « veille Cashbee », quelle que soient nos activités. A tel point que nous avons créé un fichier commun appelé « En vrac » permettant d’enregistrer nos idées quand elles nous viennent, que ce soit au milieu de la nuit, dans le métro ou en préparant le petit-déjeuner, afin de s’en souvenir !

Diversité

Un sujet qui distingue la start-up des multinationales est la diversité des sujets que nous devons traiter tous les jours. Il est vrai que nous avons eu à traiter des sujets très divers au sein de nos grandes boites, selon les problématiques particulières de nos clients (accompagner une grande banque de réseau dans sa réflexion sur la digitalisation de ses services ou la conseiller sur une acquisition à l’étranger sont des sujets fascinants et très différents) ou encore en fonction de l’évolution de nos carrières : Cyril a contribué à établir et fait grandir AT Kearney au Moyen Orient, et j’ai vécu la crise financière de 2008 de l’intérieur, et survécu au rachat par Bank of America de mon employeur de l’époque, la banque d’affaires Merrill Lynch.

Nous sommes convaincus que nos expériences acquises dans ces multinationales nous aident aujourd’hui pour prendre les décisions pour notre jeune entreprise, même si rien ne permet de se préparer à l’étendue des sujets qui nécessitent une prise de position : Quel nom pour la société et quel logo choisir ? Quel ordinateur acheter pour le stagiaire ? Quel cabinet d’avocat sélectionner pour rédiger les statuts, le pacte d’actionnaires et l’augmentation de capital ? Faut-il un chasseur de têtes pour trouver les meilleurs informaticiens pour étoffer l’équipe ? Quand pouvons-nous revoir le candidat pour le poste de Growth Hacker, et quelle proposition lui faire ? Avons-nous besoin d’une agence presse ? Si oui, laquelle ? Quels réseaux sociaux privilégier pour notre communication ? Quelles couleurs pour le site web, pour qu’il soit rassurant, professionnel mais aussi différentiant ? Où trouver le spécialiste externe pour les tests d’intrusion sur nos systèmes informatiques, afin d’en tester la robustesse ? Avons-nous envoyé un mot de remerciement à tous nos nouveaux inscrits dans les 24 heures ? Devons-nous relire pour la 10ème fois notre charte de déontologie ? Le nombre de sujets à traiter au quotidien est sans fin. Cyril, qui est un grand fan de listes « To Do », en tient maintenant deux : « priorités absolues » et « à faire bientôt » (à laquelle s’ajoute notre liste des idées « en vrac » !).

Bref, ce qui fait l’intérêt de l’entrepreneuriat est aussi une de ses plus grandes difficultés : l’obligation de décider de tout, même dans des domaines où nous ne sommes pas experts, et souvent sans disposer de la totalité de l’information utile. Nous apprenons donc beaucoup et vite, sur des sujets aussi divers que le marketing digital, le droit social ou encore la cyber sécurité. Deux choses nous évitent de nous faire submerger : nos expériences professionnelles différentes et relativement longues, et le fait d’être trois, ce qui permet de confronter nos vues et de trancher rapidement.

Support logistique

Sur papier, avantage à la banque d’affaires et au cabinet de conseil. Vos e-mails ne « passent pas » ? Votre assistante contacte le département informatique qui vous règle le problème en 5 minutes chrono. Les imprimantes fonctionnent toujours et ne manquent jamais de papier. Vous donnez les grandes lignes de la proposition à rédiger pour le client et vos équipes se chargent de rechercher les informations, d’effectuer les analyses détaillées et vous font relire la présentation en version quasi-finale pour votre approbation. Ces présentations sont ensuite joliment reliées et une copie est livrée à votre domicile, quelle que soit l’heure de la nuit, afin de vous permettre de la relire une dernière fois avant le rendez-vous. Les salles de réunion sont propres et disponibles, les clients accueillis par une réceptionniste souriante, qui propose un thé (Ceylan, English Breakfast ou thé vert ?) ou un café. Les déplacements à l’étranger se font en classe affaires. Votre assistante tient votre agenda de demi-heure en demi-heure, connaît vos restaurants préférés et vous commande le bon nombre de cartes de vœux en décembre, avec les adresses des clients pré-imprimées sur les enveloppes.

Rien de tout cela ne subsiste chez Cashbee : nous nous déplaçons surtout à pied, et en métro pour les rendez-vous à distance. On connaît les meilleurs « petits restos » et sandwicheries du 1er et du 9ème arrondissements et on prend notre café au bureau, car nos capsules, achetées au Monoprix, sont bien moins chères que le café au comptoir. En attendant notre développement à l’étranger, programmé pour dans quelques années, nous avons le bonheur de dîner bien plus régulièrement en famille, quitte à reprendre les dossiers professionnels plus tard le soir, si nécessaire. Nous avons repris la main sur nos présentations (parce que personne d’autre ne les fera pour nous), et sommes fiers de confirmer avoir retrouvé notre maîtrise de Powerpoint et d’Excel. Par la force des choses, nos présentations sont plus courtes. Les impressions de documents ne peuvent se faire qu’à la maison ou chez Copytop, mais ces options sont onéreuses et consommatrices de temps, donc on n’y a recours qu’en cas de nécessité absolue, ce qui est par ailleurs plus respectueux de l’environnement. Il ne faut pas mentir, devoir tout faire soi-même prend beaucoup de temps et nous force donc à être en permanence le plus efficace possible.

Salaire

Sur ce plan, la différence est énorme et clairement en faveur des grandes sociétés que nous avons quittées. En effet, même après une réduction considérable des rémunérations dans les banques d’affaires depuis les folles années 2000, les salaires (bonus compris) des banquiers restent très élevés et peuvent atteindre le million de Dollars ou d’Euros annuels bruts pour les plus performants. Les Senior Partners dans les cabinets de conseil bénéficient de rémunérations similaires.

Chez Cashbee, nous ne nous versons aucun salaire pendant au moins deux ans, afin de consacrer la totalité de notre capital (ainsi que celui levé auprès de nos premiers investisseurs externes) dans le développement de l’application, les salaires de l’équipe technique et les dépenses associées à la création et au fonctionnement de l’entreprise. En d’autres termes, nous « brûlons » notre épargne pour maximiser les chances de succès de notre société. Avec le développement anticipé de Cashbee, nous avons bien naturellement l’intention de nous verser de modestes salaires à partir de 2020, mais il faudra attendre longtemps afin de pouvoir espérer retrouver nos revenus précédents… Tout cela dans l’espoir que notre start-up grandira, et que notre part dans celle-ci, même diluée au fil des augmentations de capital, prendra de la valeur.

Standing social

Match nul entre les multinationales et la start-up. Ce n’est pas fréquemment mis en avant, mais au-delà des perspectives de salaires élevés, la décision de nombreux jeunes diplômés de rejoindre une grande banque ou un cabinet de conseil d’envergure mondiale est aussi motivée par le standing social associé à ces entreprises. « Je suis chez Merrill Lynch » ou « Je bosse chez AT Kearney » vous donnait (à l’époque) une certaine légitimité professionnelle et une fierté personnelle, qui est peut-être moindre aujourd’hui - surtout pour les grandes banques, suite à la crise de 2008 à laquelle celles-ci ont sans doute contribué - mais qui existe toujours. Et, selon nous, à juste titre, car quelles que soient les critiques que l’on peut leur faire, les jeunes diplômés y apprennent une méthode de travail, une approche rigoureuse des problématiques et une culture du service client.
Cependant, aujourd’hui il est tout aussi valorisant de rejoindre une start-up. Cette tendance est tangible lorsqu’on analyse les voies proposées dans les grandes écoles et universités, où les filières « entrepreneuriat » se multiplient et ont la côte auprès des étudiants. Ou encore en observant le mal que se donnent les grandes sociétés du CAC 40 pour stimuler l’intra-preneuriat, permettant aux employés qui souhaitent développer un projet entrepreneurial de le mettre en place sans quitter l’entreprise.

En fait, le vrai constat que nous faisons maintenant que nous sommes pleinement engagés dans notre start-up (et avec le bénéfice de 20 ans de carrière) est qu’on attache de moins en moins d’importance au statut social que l’entrepreneuriat nous procure ou enlève et que le jugement pertinent de notre réussite ou échec viendra de notre équipe, de nos clients et de nos actionnaires.

Passion

Il ne s’agit pas d’un match entre grosses entreprises d’une part, et start-ups d’autre part, mais ce qui constitue sans doute pour nous la différence concluante entre les deux est la passion avec laquelle on est obligé de s’investir dans son entreprise. Ce n’est pas une question de nombre d’heures par jour, car nous avons fait des journées très longues chez nos employeurs respectifs, et ce pendant des années. Mais lorsque vous voulez transformer une idée en concept, un concept en vision, puis en produit, pour faire grandir une société, créer une communauté et changer et améliorer (modestement) la vie financière de la population française d’abord, et européenne ensuite, alors vous avez intérêt à être animé par une réelle passion et un sens de l’obstination. Car la responsabilité de réussir le projet ou pas vous appartient. Et contrairement à une carrière dans une multinationale, ou vous pouvez aller plus ou moins vite, mais où la sécurité professionnelle reste malgré tout importante, l’entrepreneur opère largement sans filet.

Nous sommes ravis et fiers de nos parcours au sein de nos multinationales, très exigeantes et parmi les leaders mondiaux dans leurs domaines. C’est grâce aux expertises acquises chez elles que nous nous sentons capables d’affronter les obstacles quotidiens que nous devons surmonter pour faire de Cashbee l’outil d’épargne de référence des Français. Et nous sommes convaincus d’avoir fait le bon choix de nous lancer ensemble dans ce projet, beaucoup plus risqué, largement plus exigeant, et de loin plus ambitieux que là où nous auraient menés nos carrières d’avant car l’objectif en vaut la peine et le chemin pour l’atteindre est épanouissant. Affaire à suivre…

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