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“Ok je m’y mets”

Quelques conseils, si vous ne savez vraiment pas par où commencer

Pour beaucoup de jeunes (disons entre 25 et 30 ans), l’épargne est un mot repoussoir. La perspective d’avoir de l’argent de côté est séduisante, mais l’action de le mettre effectivement de côté l’est beaucoup moins. Et les prétextes à ne pas s’y mettre sont nombreux : “ce n’est pas de mon âge, je ne gagne pas assez d’argent, c’est de l’administratif, ça n’est pas rentable”… Nous sommes par ailleurs d’une génération marquée par des crises successives. Ce qui n’a pas aidé à renforcer notre confiance dans le système bancaire.

Pour autant, l’épargne est une des pratiques qu’on ne regrette jamais d’avoir commencé tôt — à l’inverse de la cigarette par exemple. Voici ce que j’aurais aimé savoir le jour ou j’ai décidé de mettre mon argent sur un compte épargne, plutôt que dans les caisses de British Tobacco.

Commencer par nettoyer ses dettes

Si vous avez un emprunt au dessus de 2% ou un découvert vertigineux, commencez par le rembourser en accéléré. La dette est une pratique formidable, sans laquelle il serait difficile de se payer des études ou un appartement. Mais mettre de côté à 1% ne fait pas vraiment sens quand on doit rembourser un emprunt à 3,5% ou un découvert facturé 7%.

Minimiser les frais

Lorsqu’on commence à mettre de côté, c’est rarement au dessus de quelques milliers d’euros. Dans ces ordres de grandeur, les frais bancaires peuvent littéralement annuler vos perspectives de bénéfices. Si vous placez à 1,2% mais que vos frais de versement sont de 3%, dites vous bien que chaque millier d’euros déposé mettra 3 ans pour récupérer sa valeur initiale !

L’exemple cité juste au dessus est malheureusement bien réel. Et je ne vous parle pas des frais fixes d’ouverture de compte.

La règle absolue est par conséquent de prendre toujours le moins cher. Ce compte gratuit à 1% est sans doute plus intéressant que ce compte à 1,5% payant. Et ne vous faites pas berner par les 80€ qu’offrent de nombreuses banques à l’ouverture d’un compte, dans la plupart des cas elles se les remboursent rapidement ensuite.

Se fixer un objectif

Même si c’est un projet lointain ou un peu fou, l’exercice mental de se fixer un objectif aide beaucoup. Vous serez bien plus enclin à mettre de côté si le fruit potentiel de ces économies est un résultat tangible. Une somme d’argent n’a pas une valeur symbolique en soi, Un voyage au tour du monde, un nouvel ordinateur, un appartement ou un mariage, là c’est beaucoup plus séduisant.

Diversifier

Le voilà, le mot qui fait trader. Diversifier son portefeuille est une manière pompeuse de dire qu’on ne met pas tous ses œufs dans le même panier. C’est une pratique bien connue en finance de marché qui consiste à diluer son risque en misant sur un grand nombre de produits, plutôt que de tout jouer sur deux ou trois titres.

Mais puisque vous lisez cet article, je vais supposer que vous n’en êtes pas encore au stade d’acheter des actions.

Dans notre cas donc, diversifier ses produits d’épargne présente un autre avantage : c’est un bon moyen de ne pas tout claquer. En ce qui me concerne, je suis beaucoup plus tenté de puiser dans mon livret A — accessible au même endroit que mon compte courant — que sur un autre compte “caché” quelque part ailleurs. Le fait d’avoir des économies à plusieurs endroits fait en quelque sorte oublier les sous qu’on ne voit pas. Et quand on les oublie, on les garde !

Démarrer doucement

Quand j’ai commencé à mettre de côté, je me forçais à épargner des sommes trop importantes en début de mois — de l’ordre d’un quart de mon salaire. Evidemment, le 22 du mois, je rapatriais piteusement la majeure partie de ces économies pour éviter d’être à sec. Ce va-et-vient était non seulement un jeu à somme nulle, mais nourrissait un sentiment d’échec à chaque fois que je piochais dans mes réserves.

La bonne technique (la mienne en tout cas) consiste donc à mettre peu, mais régulièrement. Si vous ne voulez pas le sentir, mettez 20 euros par semaine par exemple. Ça paraît peu, mais c’est 1000 euros à la fin de l’année. Et une longue série de petites victoires vaut bien plus que deux gros virements coup de poing qui vous mettront potentiellement dans le rouge à la fin du mois.

Résister

Il va forcément y avoir un moment de doute. Un départ en vacances, un projet perso ou — je ne vous le souhaite pas — un coup dur… Et vous allez vouloir retirer tout ou partie de vos économies. Dans certains cas de force majeure il est parfaitement normal de se renflouer : c’est ce qu’on appelle l’épargne de précaution. Mais apprenez à faire la distinction entre un cas de force majeure et une certaine forme d’auto-indulgence. Un weekend d’excès devrait être amorti par vos revenus courants, pas par vos économies durement amassées.

L’épargne, tout comme le sport, est une lutte contre soi-même. Elle demande des efforts réguliers et n’offre de résultats que sur le long terme. C’est néanmoins une pratique saine, et qu’on ne commence jamais assez tôt.

N’oubliez pas : notre génération vivra sans doute 15 ans de plus que celle de nos grands-parents, avec la moitié de leur retraite. Si ce n’est pas pour vos enfants ou pour un projet personnel, faites le pour vous. Mettez de côté.