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Les dépôts bancaires : de l’or qui n’a pas le même prix pour tous

La crise de liquidité qui a frappé le système bancaire en 2008 est encore dans tous les esprits. Les banques n’ayant plus confiance les unes dans les autres et arrêtant de se prêter de l’argent, il leur devenait indispensable pour se refinancer d’attirer les dépôts des clients. Certaines d’entre elles se sont mises à proposer des taux de rémunération inédits depuis plus de deux décennies, pouvant aller jusqu’à 4 ou 5% pour les dépôts à terme !

Les liquidités sont depuis redevenues abondantes grâce à la politique monétaire expansive de la BCE, et le paradigme bien français de non rémunération des comptes courants a repris ses droits. A vrai dire, l’excès de dépôts est même devenu un problème pour les grands réseaux bancaires qui, ne trouvant pas assez d’emplois, se retrouvent à les placer auprès de la BCE à des taux négatifs (-0,40% actuellement), subissant ainsi un coût de portage qui s’élève au total à plusieurs centaines de millions d’euros.

Pourtant, les banques n’ont pas toutes ce « problème de riches ». Les réseaux d’agences n’étant plus à la mode et l’open banking se démocratisant, tout un écosystème de banques directes, néo-banques, prêteurs spécialisés et banques captives (filiales de constructeurs automobiles ou de grands distributeurs) doivent trouver d’autres moyens pour financer leurs activités de crédit. Pour cela, certaines de ces banques sont prêtes à rémunérer les dépôts des particuliers, particulièrement recherchés pour leur présumée stabilité dans le temps.

On pourrait donc imaginer qu’un compromis puisse être trouvé entre les banques en excès de dépôts et celles qui en recherchent. Pas si simple : traumatisées par la précédente crise, les grandes banques préfèrent subir un coût de portage en plaçant les dépôts overnight à la BCE plutôt que de prendre un risque de crédit sur des banques de taille moyenne et un risque théorique de liquidité en cas de nouvelle crise aiguë. De fait, leurs ratios (LCR et NSFR) excèdent de beaucoup les exigences du régulateur…

De nouveaux acteurs se sont emparés du problème, et proposent de mettre en relation les déposants frustrés par le manque de rémunération et les banques en demande de dépôts. C’est le cas de Raisin et de Deposit Solutions, deux FinTechs d’origine allemande commençant à s’étendre sur le marché européen, et de Cashbee en France. Dans un modèle de distribution B2B2C, les banques excédentaires pourraient sortir de leurs bilans des dépôts qui leur coûtent de l’argent tout en proposant à leur client une rémunération attractive et en aidant à financer des banques qu’elles ne perçoivent pas comme des concurrents directs.

Un modèle qui pourrait donc s’avérer bénéfique pour l’ensemble des intervenants !