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Les banques et leurs dépôts : je t’aime, moi non plus

Quand on constate qu’aucune des 6 grandes banques de réseaux en France ne verse des intérêts sur les comptes courants de ses clients particuliers, et que les intérêts ne dépassent pas le 0,20% sur les comptes sur livrets (hors épargne réglementée), on est en droit de se demander si les banques veulent de notre argent. La réponse est « non, pas vraiment » quand tout va bien, mais « oui, beaucoup, s’il vous plaît ! » quand une crise financière survient et que la confiance des marchés faiblit, voire disparaît et que les autres sources de financement pour la banque se tarissent.

Et l’exemple concret et récent du financement des banques Italiennes nous le rappelle. En effet, la plus grande d’entre elles, UniCredit vient d’effectuer une émission obligataire pour un montant de USD 3 milliards, offrant un coupon de de 7,83% pour lever de la dette “senior non-preferred” (un type de dette que la banque peut comptabiliser parmi ses fonds propres supplémentaires) à comparer avec une émission obligataire du même type, complété au mois de janvier pour un montant d’EUR 1,5 milliard à un niveau de coupon de 1%! Faisons attention à comparer ce qui est comparable, les devises d’émission étant différentes, il convient de comparer l’écart versé par l’émetteur au-delà du taux de référence, qui était de 0,70% pour l’émission de janvier, contre 4,20% pour la transaction cette semaine.

Si cette augmentation dans le coût de son financement est remarquable, Jean-Pierre Mustier, le PDG français d’UniCredit, développe de solides arguments pour justifier sa décision de procéder à cette transaction : (1) en la réalisant, il démontre qu’UniCredit, parmi les plus solides des banques italiennes, peut encore attirer des liquidités du “marché” (en occurrence la totalité des titres a été placée dans une seule main, qui pourrait être Pimco, le géant américain de la gestion d’actifs) et (2) il couvre d’un coup les besoins de financement de la banque en ce type de dette pour les trimestres à venir. Et en combinant cette transaction avec sa décision publique au début du mois d’investir la totalité de son salaire dans des actions et des titres super subordonnés d’Unicredit, il affirme sa confiance dans la banque qu’il dirige.

Une fois de plus, ne mélangeons pas les torchons et les serviettes : les fonds ainsi levés par Unicredit font partie d’une couche du capital réglementaire de la banque, ce qui n’est pas le cas des dépôts de ses clients individuels. Néanmoins, des cas concrets comme celui-ci, où en quelques mois le coût de financement d’une grande banque solide augmente violemment, et où l’on peut légitimement douter de l’accès au marché des banques italiennes de taille moyenne, rappellent aux banques l’avantage considérable qu’offrent les dépôts classiques de leurs clients individuels. Ces dépôts sont en effet très stables (il est extrêmement rare que l’ensemble des clients décident en même temps de faire des retraits massifs de leur argent - dans les rares cas historiques où les dépositaires l’ont fait, il s’agissait typiquement du moment où les clients craignaient le défaut de leur banque. Il s’agit alors d’une “ruée aux guichets”) et forment donc une source de financement très sûre, régulière et dont le coût à être relativement stable dans le temps. Surtout quand on le compare au coût du financement obligataire, qui peut devenir très volatil quand le sentiment de “marché” change, jusqu’à remettre en question la disponibilité même de cette source de financement. Et c’est d’autant plus important que la confiance des marchés peut disparaître à cause de craintes macro-économiques ou politiques (comme c’est le cas actuellement en Italie), que la banque ne maîtrise pas.

Et cela certaines banques l’ont bien compris, à en juger par les taux d’intérêt plus élevés qu’elles sont prêtes à verser sur leurs comptes sur livret. On peut penser aux banques dites “captives” appartenant à des grands constructeurs automobiles ou encore à certaines enseignes de la grande distribution, qui ne possèdent pas de réseaux bancaires et qui convoitent néanmoins cette source de financement stable, granulaire et de grande qualité, notamment lorsque les marchés sont chahutés. Elles sont naturellement prêtes à rémunérer vos dépôts (typiquement à un taux de 1% à peu près) car elles y attachent à juste titre une valeur stratégique importante. C’est d’ailleurs vers elle que Cashbee accompagne ses utilisateurs, afin de les faire bénéficier des opportunités de rémunération les plus intéressantes du moment, tout en préservant la liquidité de leur dépôts. Et toujours sans risque bien sûr car ces “captives” sont des banques réglementées qui tombent sous le système de la garantie des dépôts.