Le découvert se porte bien

Jamais les Français n’ont laissé dormir autant d’argent sur leurs comptes à vue : plus de 390 milliards d’euros à fin 2018, soit une augmentation de 50% en cinq ans. De tous les placements financiers (Livret A, PEL, assurance vie,...), c’est celui qui a crû le plus vite sur cette période. Dans un contexte de taux d’intérêts bas et d’incertitudes macro-économiques, cette alternative pourtant peu attractive (le compte courant ne rapporte rien…) est finalement considérée comme le meilleur choix possible par des ménages plutôt averses au risque.

Un compte courant bien garni est également un moyen de se prémunir contre les découverts et les agios qui vont avec. Les banques vont-elles voir fondre cette juteuse source de revenus en même temps que les bas de laine se remplissent ? Qu’elles se rassurent, il n’en est rien. Le montant consolidé des découverts continue à progresser, pour atteindre 8,2 milliards d’euros au troisième trimestre 2018 (source Banque de France), soit une croissance annuelle de près de 3%. Et de fait, un Français sur quatre est en découvert au moins une fois par mois, et 60% au moins une fois par an (source Panorabanques).

Les raisons des découverts sont diverses : difficulté à boucler les fins de mois, décalage entre entrées et sorties d’argent ou tout simplement inattention. Dans tous les cas, il coûte cher : en moyenne 7% de taux annuel chez les banques en ligne et plus de 15% dans les grands réseaux bancaires traditionnels. Et lorsque le découvert autorisé est dépassé, ce taux passe à 20% ! A cela s’ajoute les frais pour opérations non autorisées (8€ en moyenne par opération). Au total, le “marché” du découvert en France représente environ 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour les banques.

Comment expliquer que dans un environnement de taux bas, les découverts soient toujours facturés aussi chers ? La raison est que lorsqu’il s’agit de découvert, la banque se trouve dans une situation de quasi-monopole. En signant leur convention de compte, la plupart des clients ne sont pas trop regardant sur ces taux, d’autant qu’ils sont nettement moins mis en avant que d’autres frais (carte, tenue de compte) sur lesquels les banques ont choisi de se faire concurrence. Et lorsque le découvert arrive, ils n’ont plus trop le choix… Il faut payer.

En réalité, des alternatives bien meilleur marché existent : certains établissements spécialisés proposent des taux de crédit à la consommation non affecté inférieurs à 5%. Encore faudrait-il basculer directement sur ces lignes de crédit, proposées par des banques tierces, lorsqu’on se retrouve dans le rouge. A l’heure de l’open banking, des solutions innovantes ne tarderont pas à être proposées.

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